Plus de 600 études scientifiques internationales...

...ont prouvé l’efficacité des interventions précoces intensives dans le cadre d’une prise en charge d’un enfant autiste. Elles démontrent une amélioration significative des compétences en communication et en interactions sociales.
 

Pour certains enfants, une scolarisation en milieu ordinaire est même rendue possible.

Aussi, nous explique Mme Lucas Eissa, vu l’efficience de ces méthodes et le fait qu’elles soient recommandées par l’OMS, de nombreux pays occidentaux ont intégré les coûts de cette prise en charge dans leur système d’assurances sociales ou maladie.

En ce qui concerne la Suisse, la majorité des familles suisses n’y ont toujours pas accès. 

Comment expliquer un tel phénomène ?

Des discussions sont en cours avec l’OFAS pour obtenir un financement, mais il n’y a toujours pas de décision définitive. Depuis plusieurs années, l’assurance invalidité (AI) réfléchit au financement de ce type de prise en charge.

Malheureusement, il n’existe pas d’étude réalisée en Suisse, et dans notre pays, on privilégie les études suisses par rapport aux recherches étrangères, même si les résultats avérés ont fait l’objet de publications dans des revues scientifiques de premier ordre.

Par conséquent, trop peu d’enfants ont accès à ce type de prise en charge par manque de moyens et/ou par manque de places.

Qu’advient-il des enfants dont les parents ne peuvent pas assumer une telle dépense ?
 

Face à cette problématique, beaucoup d’entre eux se fédèrent en associations afin de recueillir des fonds et ainsi, permettre à leur enfant de bénéficier d’un suivi dès son plus jeune âge.
 

OVA est le fruit d’une telle initiative. Elle a vu le jour en 2004. Cependant, à cette époque, il n’y avait aucun professionnel formé sur les méthodes d’intervention précoce intensives en Suisse.

Nous avons donc dû faire venir des spécialistes étrangers, notamment des Canadiens. Il nous a fallu trouver des fonds pour financer leur séjour; l’objectif étant qu’ils rencontrent nos enfants, qu’ils rédigent des programmes de prise en charge et aussi, qu’ils assurent la formation de psychologues et d’éducateurs suisses. Cette formation portait sur la méthodologie ABA (Applied Behavior Analysis), soit en français, Analyse Appliquée du Comportement (AAC).

 

OVA aide les familles touchées par l’autisme
en apportant de l’information et des stratégies d’intervention efficaces.


Quel bilan tirez-vous de vos activités ?

OVA accueille des enfants atteints d’autisme et de troubles envahissants du développement (TED). Ils sont pris en charge par une équipe d’instructrices et d’instructeurs supervisés par une psychologue certifiée BCBA (Board Certified Behavior Analyst).

Ces professionnels assurent un suivi personnalisé et intensif de l’enfant sur la base de l’analyse appliquée du comportement (ABA). Ils proposent aussi de la guidance parentale afin de poursuivre, à domicile, l’application des programmes établis. A ce jour, OVA a accompagné 120 enfants depuis sa création. Nous avons formé des psychologues suisses qui sont désormais titulaires de diplômes spécialisés.

Au départ, les interventions se faisaient exclusivement à domicile, mais en 2008, nous avons eu l’opportunité d’ouvrir un centre de 250m² à Gland ; le siège actuel de notre association. Ce lieu nous permet donc d’assurer des interventions intra-muros en complémentarité avec les interventions externes.

Pensez-vous qu’un jour l’intervention précoce intensive (IPI) des enfants autistes sera prise en charge dans notre pays ?

Certainement, et nous œuvrons en ce sens. Grâce à de généreux donateurs, nous avons initié, en 2013, une première étude suisse indépendante (SWISS EIPA – Swiss Early Intervention Project in Autism) qui est un partenariat entre l’université de Warwick en Angleterre, l’université de Zurich et l’hôpital de Bâle.

L’étude a pour but de tester l’efficacité des interventions intensives pour des enfants de 0 à 5 ans. Cette étude donne des informations détaillées sur les critères d’une prise en charge efficace.

Cela constitue un élément essentiel dans les réflexions de l’OFAS sur le financement de l’IPI.  A ce jour, 85 enfants ont été recrutés, et les premiers résultats sont très encourageants, à bien des égards.

Son protocole de recherche a été adopté comme référence par l’OFAS (Office Fédéral des Assurances Sociales) en 2014. Par ailleurs, l’étude en cours tend à démontrer une efficacité supérieure de l’IPI, comparativement à d’autres méthodes. Cette étude se terminera en 2019. Toutefois, l’obtention de fonds supplémentaires par SWISS EIPA permettrait de prolonger l’étude jusqu’en 2020 afin de poursuivre les observations sur des enfants de plus de 5 ans.

Plus d'infos:

Association Objectif Vaincre l’Autisme
Avenue du Mont-Blanc 13
1196 Gland

T +41 (0)22 360 03 49

www.ovassociation.com