Quelle serait la première étape pour améliorer la prise en charge?

Aujourd’hui, 50% des personnes présentant des symptômes de troubles cognitifs ignorent si elles sont atteintes d’Alzheimer. Cette situation est insupportable pour les malades et participe de surcroît à retarder la prise en charge. Il est important de dire aux personnes âgées de ne surtout pas rester avec leurs doutes, il faut consulter. Par ailleurs, l’entourage a son rôle à jouer en tant que témoin de la maladie. Si une personne a des problèmes de mémoire, du mal à trouver ses mots, à reconnaître des proches, ou qu’elle ne sait plus gérer des activités du quotidien qu’elle maîtrisait avant, il faut l’inciter à consulter un médecin et ne pas hésiter à demander à voir un spécialiste.

Une fois le diagnostic établi, se pose la question de l’accompagnement?

Si on ne peut pas guérir l’Alzheimer, on peut freiner l’évolution de la maladie. Ce qui est important, c’est de donner le soutien adéquat au bon moment pour aider la personne à garder son indépendance le plus longtemps possible. Une information et un accompagnement structurés des familles s’imposent d s le début de la maladie. ’est ainsi que les personnes concernées peuvent recevoir à temps l’aide et le soutien nécessaires. Or, pour l’instant en Suisse, l’accompagnement n’est pas pris en charge par l’assurance-maladie. Pourtant, une approche préventive permet d’éviter des coûts inutiles causés par des situations d’urgence.

Une première stratégie nationale devrait être adoptée par le «Dialogue de la politique nationale de la santé» fin novembre, qu’en attendez-vous?

Cette première stratégie nationale aborde les aspects prioritaires que sont le dépistage, le conseil et l’accompagnement. Ces aspects seront au coeur de la réflexion; nous souhaitons aussi que la formation des accompagnants soit prise en compte, car ce sont les carences en ce domaine qui sont parfois la cause d’accidents, voire de violence envers les malades. Nous attendons donc beaucoup de l’issue de ce dialogue mais la mise en oeuvre sera surtout de la responsabilité des cantons.