Ace jour, aucun médicament ne peut encore guérir cette maladie. Jusqu’ici, la recherche s’est essentiellement concentrée sur un fragment de protéine appelé bêta-amyloïde, soupçonné d’être le principal responsable de la maladie d’Alzheimer. Le bêta-amyloïde provient d’une protéine précurseur normalement présente dans le cerveau. Pour des raisons encore inconnues, les dépôts de bêta-amyloïde se multiplient chez les personnes atteintes de la maladie et s’agglutinent en plaques amyloïdes au niveau des cellules nerveuses. Selon l’hypothèse amyloïde, la formation et l’accumulation de bêta-amyloïde seraient la cause première de l’atrophie du cerveau et de la détérioration des fonctions cognitives.

Presque tous les médicaments développés et testés actuellement ciblent ce fragment de protéine. Leurs buts est d’inhiber la production de bêta-amyloïde et de dissoudre les agrégats, c’est-à-dire les plaques dans le cerveau. Force est de reconnaître que les études cliniques effectuées à ce jour ont échoué les unes après les autres. Certaines substances mises au point ont certes réussi à éliminer les plaques amyloïdes du cerveau des malades, mais ne sont pas parvenues à stopper la dégradation des fonctions cognitives.

Nouvelles hypothèses
Parmi les experts, certains sont d’avis qu’il faudrait intervenir à un stade plus précoce. On sait en effet aujourd’hui que la formation des premières plaques de bêta-amyloïde peut remonter jusqu’à 25 ans avant l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Au moment où celle-ci se déclare, le processus de dégénération est déjà pleinement en marche et du tissu cérébral est irrémédiablement perdu. Pour empêcher les dommages causés par les plaques amyloïdes, il faudrait donc agir plus tôt.
On peut aussi envisager que l’hypothèse amyloïde largement admise jusqu’ici est erronée. Il est possible que l’accumulation de plaques de bêta-amyloïde ne soit pas la cause, mais plutôt un effet secondaire de la maladie d’Alzheimer. Les experts sont pratiquement unanimes pour dire que la recherche devrait également s’intéresser à d’autres hypothèses. Des indices permettent de penser que des réactions inflammatoires au niveau du cerveau pourraient jouer un rôle dans le déclenchement de la dégénération.

Nous ignorons donc toujours ce qui cause la maladie d’Alzheimer, comment la traiter et la guérir. Les progrès de la recherche permettent cependant de retarder la progression du processus de dégénération. Grâce aux nouvelles approches thérapeutiques, la maladie affectera la personne plus tardivement dans son quotidien.
C’est une première lueur d’espoir – mais la recherche doit s’intensifier!