Parmi la multi-factorialité des causes du cancer du sein, il en est une relevant de l’hérédité.
 

On estime en effet entre 5 et 10% le nombre de femmes naissant avec une prédisposition génétique à la maladie.


Il est donc possible de reconnaître, très tôt, la signature de cet hôte indésirable qui sortira de sa léthargie quelques dizaines d’années plus tard.

Lorsque le profil génétique indique une quasi-certitude de développer un cancer du sein, les médecins préconisent une intervention prophylactique, c’est-à-dire traiter le problème avant qu’il n’apparaisse. Cela représente une avancée considérable en termes de prévention.

A ce jour, les personnes dont l’anamnèse fait état d’antécédents familiaux bénéficient d’une surveillance accentuée.

Prédictivité

Dans le cadre d’une approche de type «profilage», il est aussi possible d’analyser, de manière algorithmique, une multitude de données relatives à la personne et par conséquent déterminer son niveau de risque à développer un cancer.

Bien qu’il ne soit pas encore mis en application, ce concept fait l’objet d’une étude américaine sous l’appellation «Women Informer To Screen Depending Major of Risque». Dans son ensemble, le corps médical se dit confiant quant à la pertinence d’une telle approche.

Chaque femme pourrait ainsi bénéficier d’un dépistage ciblé et personnalisé, quel que soit son âge.

Il permettrait, par ailleurs, de limiter certains travers du dépistage systématique comme les faux-positifs (détection d’images suspectes qui s’avèrent, après réalisations d’examens complémentaires, ne pas être des cancers) ou encore, le surdiagnostic (détection d’un cancer qui n’aurait jamais évolué ou très lentement).

Examens de pointe et diagnostics

La recherche sur le cancer du sein progresse. Chaque jour, partout à travers le monde, des milliers de femmes sont prises en charge, traitées et sauvées grâce au dépistage, aux nouveaux traitements, aux technologies de pointe et à l’hyperspécialisation des équipes médicales.

Les mailles du filet sont devenues si fines qu’il est possible de détecter des lésions précancéreuses de petite dimension, de les caractériser par biopsie, et d’établir un diagnostic avec une précision qui laisserait pantoise la médecine des années 80.

Aujourd’hui, l’acquisition d’un cliché mammographique ne dure que quelques secondes, la compression du sein est moins douloureuse, voire indolore, et la dose d’irradiation minimale avec une qualité d’image inégalable par rapport à il y a vingt ans.

L’arrivée d’une nouvelle technologie, la tomosynthèse (mammographie en 3D), permet de séparer les différentes profondeurs du sein et améliore la détection des cancers.

Elle est utilisée en pratique quotidienne dans le dépistage individuel. Le corps médical espère qu’elle sera validée prochainement dans le programme de dépistage organisé.

La patiente libre de ses choix

Chaque femme appréhende de manière différente sa lutte contre le cancer du sein. Là où certaines mobilisent une dynamique guerrière pour en venir à bout, d’autres privilégient le pacifisme.

C’est l’une des raisons qui a ouvert la voie vers une «médecine 4P» où la patiente, désormais souveraine, est au cœur du dispositif. Cette nouvelle médecine se veut Prédictive, Préventive, Personnalisée et Participative.

Une approche systémique

En ce sens, plus rien ne sera comme avant dans le processus de prise en charge; le plus grand changement étant la pluridisciplinarité de l’équipe médicale et surtout la collégialité décisionnaire incluant la patiente au cœur de ce dispositif.

Les équipes sont en général composées de spécialistes en chirurgie du sein, de radiologues, de pathologistes, de spécialistes en oncogénétique, de médecins oncologues, de radiothérapeutes, de plasticien-ne-s et d’infirmier-ère-s spécialisé-e-s.

Par ailleurs, des progrès considérables ont été faits en matière d’attention et de communication envers la patiente.

Elle peut désormais aborder la phase de traitement en étant actrice de ses choix, avec pour corollaire, un renforcement de sa volonté de guérir. 

Un espoir pour la femme de conserver son sein

70% des patientes atteintes d’un carcinome mammaire peuvent garder leur sein grâce à la chirurgie conservatrice.  

Il y a 40 ans, «cancer du sein» était synonyme de mastectomie, c’est-à-dire l’ablation totale de la glande mammaire. Il n’y avait pas d’alternative possible; la chirurgie radicale s’imposait pour prévenir tout risque de récidive.

Certes, de nombreuses vies furent sauvées, mais à quel prix? Pour les patientes, le traumatisme était sévère et durable; d’autant qu’à cette époque, la chirurgie reconstructive relevait encore de la science-fiction.

Aujourd’hui, tout a changé, notamment grâce aux traitements combinés, à l’évolution de la prise en charge et aux avancées technologiques. La question s’était donc posée de savoir s’il était possible de pouvoir conserver tout ou une partie du sein sans risque pour la patiente.

Les résultats dépassèrent les attentes. En effet, une tumorectomie suivie d’une radiothérapie offre les mêmes garanties qu’une mastectomie.

Cette dernière n’est désormais envisagée que pour les cancers avancés, lorsque le résultat esthétique ne serait pas acceptable, dans le cas de cancers à de multiples endroits du sein, lorsque l’on est en présence de cancers liés à une prédisposition génétique ou encore, si la patiente le demande.

Et quand bien même faudrait-il en arriver à cet extrême, l’évolution des techniques de chirurgie plastique offre des solutions compensatoires.   

Pluralité des cancers

Sous le terme générique «cancer du sein» se déclinent trois grandes catégories de carcinomes, à savoir: les «in situ» lorsque la lésion reste confinée dans les canaux et les lobules; les «infiltrants» si les cellules cancéreuses se propagent aux tissus avoisinants, et les «inflammatoires» s’ils sont situés au niveau de la peau.

Après la détection par diagnostic clinique et/ou radiographique, une biopsie permet d’établir précisément le profil biologique du cancer et ainsi évaluer son niveau de dangerosité.  

Des équipes multidisciplinaires hautement qualifiées

Lorsque la typologie du cancer et l’extension sont établies, les membres de l’équipe médicale se réunissent afin d’envisager les différentes options de traitements possibles. Plus d’une dizaine d’acteurs peuvent être concernés (cf. article précédent).
 

Dans tous les cas, la patiente est intégrée au processus et se voit proposer une intervention chirurgicale personnalisée.
 

Lorsqu’elle est conservatrice, cette dernière doit offrir le maximum de garanties quant aux probabilités de récidive tout en préservant, du mieux possible, l’intégrité physiologique, anatomique, esthétique et psychologique de la patiente.

Cela s’inscrit dans l’approche médicale dite «4P» (cf. article précédent).  Il ne s’agit pas là d’un compromis, mais bel et bien d’une évolution majeure relative à la possibilité de maximiser l’efficience d’un traitement.

Se réveiller avec un sein entièrement reconstruit

En fonction du type de cancer, une chimiothérapie ou une hormonothérapie pourrait s’imposer avant l’opération chirurgicale, soit pour diminuer la taille de la tumeur et/ou pour stopper la prolifération de cellules cancéreuses dans l’organisme (métastases).

Dans le cadre d’un traitement conservateur, l’acte chirurgical vise à enlever la tumeur en préservant le maximum de tissus sains. Lorsqu’il faut y renoncer et réaliser une mastectomie, il est possible de proposer une mastectomie d’épargne cutanée (préservation de l’enveloppe cutanée du sein) avec une reconstruction immédiate.

Les plasticiens interviennent avec la délicate mission de redonner au sein une consistance et une apparence au plus proche de ce qu’il était avant l’intervention. Cette opération reconstructive peut faire appel à une reconstruction avec une prothèse ou une reconstruction avec les propres tissus de la patiente (muscles du dos ou tissus du ventre).

Ainsi, la patiente se réveille avec un sein reconstruit. A noter que les incisions se font, dans la mesure du possible, en des endroits discrets.

Suite à une intervention chirurgicale conservatrice, pour autant que la patiente ait donné son aval, un traitement radiothérapeutique lui sera prodigué afin de diminuer les risques de récidive. 

Là aussi, la radiothérapie a fait des progrès considérables. Les rayons sont beaucoup mieux dosés, plus homogènes et plus précis. En outre, ce type de traitement est de mieux en mieux toléré par l’organisme des patientes.