Quelles sont les maladies du cerveau les plus importantes?

On estime qu’un tiers de la population européenne en souffre. Les maladies neurodégénératives, telles que Parkinson ou Alzheimer, sont particulièrement problématiques, car elles sont progressives et génèrent un handicap important et de longue durée.

Comment peut-on diagnostiquer ces pathologies neurologiques?

La source des symptômes est un dysfonctionnement des neurones, les cellules principales du cerveau, mais ces derniers, minuscules ne peuvent être examinés directement.

« C’est un énorme travail d’équipe, qui nécessite une concentration de compétences que nous avons la chance d’avoir au sein du Geneva Neurocenter à l’Université de Genève» 

On doit donc le faire de manière indirecte. Le diagnostic débute par l’histoire du patient et de ses plaintes; on fait un examen clinique détaillé pour évaluer quelles régions du cerveau sont affectées. Y a-t-il des troubles de la mémoire? La force ou la sensibilité sont-elles touchées?

En fonction des résultats, on peut alors demander des compléments d’investigation. En cas de troubles de la mémoire, on peut faire un examen neuropsychologique détaillé comprenant des épreuves standardisées (par exemple épeler des mots à l’envers) pour établir un score de mémoire.

Un autre moyen est l’imagerie médicale: IRM et scanners permettent de voir les différentes parties du cerveau, l’électroencéphalogramme d’en mesurer l’activité électrique.

Enfin, on effectue des examens biologiques, prise de sang et ponction lombaire, pour détecter des inflammations. Une fois ce travail de détective terminé, on peut poser un diagnostic et un traitement peut débuter.

Quels sont les traitements possibles une fois ces maladies détectées?

Le but du traitement est de compenser le handicap. Dans la maladie de Parkinson, il y a un manque de dopamine, car les neurones qui sécrètent normalement cette substance meurent.

Le traitement consiste donc à combler ce manque en donnant de la dopamine. Malheureusement dans beaucoup de cas, le traitement n’est que symptomatique, et il ne modifie pas l’évolution de la maladie. Il n’existe pas encore de traitements permettant de traiter l’origine des maladies neurologiques. Dans ce contexte, il est donc essentiel de mieux comprendre ces pathologies et développer de nouveaux types de traitements.

La recherche a donc un rôle essentiel?

La recherche est l’unique moyen de pouvoir prévenir ces maladies ou en guérir. Premièrement, la recherche «clinique», qui consiste non seulement à tester l’efficacité de nouveaux médicaments, mais aussi à mieux comprendre l’évolution de la maladie et affiner les tests pour la détecter à un stade plus précoce, avant même l’apparition des symptômes ou avant que trop de neurones soient touchés.

« Malheureusement dans beaucoup de cas, le traitement n’est que symptomatique, et il ne modifie pas l’évolution de la maladie. Il n’existe pas encore de traitements permettant de traiter l’origine des maladies neurologiques» 

Le développement de l’imagerie et de nouveaux tests biologiques, y compris génétiques, est essentiel. Deuxièmement, il est important de développer des modèles animaux qui permettent d’examiner directement la fonction des neurones et de les manipuler, ce qui est impossible à faire chez l’humain.

C’est le but de la recherche dite «translationnelle», qui étudie des maladies de l’homme chez la souris par exemple, et vise à en comprendre les mécanismes pour développer des traitements adaptés. Enfin, la recherche dite «fondamentale» joue un rôle crucial.

Elle vise à comprendre comment le cerveau fonctionne en l’absence de maladie. Il est surprenant de constater que les fonctions de base du cerveau comme le mouvement ou la mémoire sont encore très mal comprises. C’est pourtant essentiel si l’on veut comprendre ce qui se passe en cas de maladie.

Pour comprendre la complexité du cerveau et traiter les maladies neurologiques, il faut donc la collaboration de plusieurs talents: neurologues, psychiatres, neurobiologistes, psychologues et ingénieurs.

C’est un énorme travail d’équipe, qui nécessite une concentration de compétences que nous avons la chance d’avoir au sein du Geneva Neurocenter à l’Université de Genève.