Un implant, développé par une équipe de chercheurs suisses, permettrait de réduire les symptômes.Fixer un point alors que la tête est en mouvement, marcher droit, s’orienter dans l’espace… Ces petits gestes quotidiens sont possibles grâce au système vestibulaire, une structure cachée dans l’oreille interne. «Lorsque le système vestibulaire des deux oreilles est atteint, le patient marche comme s’il était ivre, sa vision devient floue, provoquant de sévères nausées et vomissements. Il souffre énormément», explique Jean-Philippe Guyot, chef du service ORL et chirurgie cervico-faciale aux Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG). Environ 500 000 personnes en Europe et aux Etats-Unis seraient atteintes d’un déficit vestibulaire.

La difficulté du  diagnostic

Le fait que l’on puisse perdre la fonction d’équilibre des deux oreilles est peu connu des médecins. Des études ont montré qu’il fallait environ neuf ans à un patient pour obtenir un diagnostic. Par ailleurs, il n’existe à l’heure actuelle aucun traitement permettant de guérir un système vestibulaire malade.

Un implant pour pallier les troubles de l’équilibre

Mais l’équipe médicale du professeur Jean-Philippe Guyot est parvenue à restituer l’activité du système vestibulaire grâce à la pose d’un implant. «Il fonctionne sur le même principe que ceux utilisés pour traiter la surdité», détaille le docteur. Le dispositif, encore à l’état de prototype, se compose d’un capteur de mouvements, fixé sur le crâne du patient, et des électrodes. Ces derniers relient la partie externe de la prothèse au nerf vestibulaire. Les signaux collectés par le capteur de mouvements, transformés en impulsions électriques, stimulent le nerf vestibulaire. C’est celui-ci qui transmet les informations au cerveau.

Premiers résultats encourageants

Pour évaluer l’efficacité de leur méthode, les scientifiques ont
mesuré l’acuité visuelle de douze patients, qui ont testé cette prothèse. Les premiers résultats ont montré qu’ils retrouvaient totalement leurs capacités. «Les tests en laboratoire sont encourageants. Mais nous n’avons pas encore mené d’études cliniques. Cela sera possible d’ici à cinq ans», espère le professeur Jean-Philippe Guyot.