Cancers de l’enfant et de l’adulte revêtent des caractéristiques bien différentes, tant dans leur type et leur progression que dans la gestion relationnelle avec le patient. Chez les enfants, si les principaux cancers sont la leucémie et le lymphome, le milieu médical mentionne aussi des tumeurs solides comme le neuroblastome, le glioblastome ou le rétinoblastome. Environ 50–60 % des adultes et 70–80 % des enfants guérissent du cancer.

Incidence du cancer de l’enfant

En Suisse, comme en Europe, les chiffres actuels avancés sont de 14 cas sur 100 000 jeunes. Chaque année, 250 à 300 nouveaux cas sont diagnostiqués, ce qui correspond à 1 % d’augmentation sur les 20 dernières années, d’où une relative stabilité. En Suisse, le nombre absolu de cas est stable, bien que l’on puisse mentionner une augmentation du nombre de leucémies et de tumeurs cérébrales. En Suisse, au niveau épidémiologique, il est délicat d’avancer avec certitude une cause à cette augmentation puisqu’aucune étude n’a pu valider avec certitude l’hypothèse de l’influence causale de la pollution atmosphérique, du téléphone portable ou de la proximité des centrales nucléaires. Le rôle d’un problème environnemental fait donc encore débat.

Importance du dépistage

Plus le dépistage est précoce, plus les chances de guérison sont élevées. Le rôle des parents est primordial car ces derniers sont les plus aptes à observer les changements de comportement et de physiologie de leur progéniture. Le corps médical doit être également formé pour, lors de la première consultation, savoir questionner, écouter et orienter le diagnostic. En cas d’historique oncologique d’un jeune patient, des consultations régulières s’imposent pour éviter les deuxièmes cancers, car on sait par exemple qu’en cas de rétinoblastome ou de cancer oculaire des deux yeux, il y a un risque génétique. Un autre exemple reflète la difficulté d’interprétation d’un symptôme chez l’enfant: une douleur aux jambes, courante chez le jeune, peut se révéler évocatrice d’une leucémie. Dès lors, la réalisation d’une formule sanguine, même «de trop» est toujours préférable.

Progrès et guérison

Les taux de guérison atteignent aujourd’hui 80 %, et jusqu’à 90 % dans le cas des lymphoblastomes. Les progrès de l’oncologie pédiatrique sont dus à de meilleures connaissances cytogénétiques et à la qualité accrue des chimiothérapies, plus efficaces, spécifiques et ayant moins d’effets secondaires; celles-ci sont le résultat de protocoles cliniques, souvent internationaux, menés en parfaite collaboration avec les plus grands centres médico-universitaires. Ainsi, l’utilisation de la radiothérapie, très invasive et agressive pour l’organisme, a pu reculer au profit de traitements chimiothérapeutiques ciblés et adaptés, l’essentiel étant de guérir l’enfant malade pour qu’il devienne un adulte en parfaite santé, sans risque de récidive.

Attitude des jeunes face à leur maladie

Qui n’a jamais observé la force naturelle dégagée par les enfants et adolescents frappés par le cancer? Les plus jeunes, en âge préscolaire comprennent tout, collaborent souvent avec le corps médical, et les parents s’en trouvent renforcés. Ces petits ont des projets et continuent de jouer, ce qui est un moteur pour la famille. Les adolescents, qui doivent fréquemment affronter une gestion physique, d’apparence, de la maladie, sont des lutteurs tout en restant très critiques. Ceci impose à leur environnement, médical et familial, d’être franc et direct avec eux. Ainsi, ils manifesteront leur potentiel de gestion de leur maladie, soit en se refermant momentanément sur eux-mêmes, soit en développant à d’autres moments des relations avec d’autres adolescents. 

La prise en charge doit être globale, familiale, de manière à apporter un soutien de qualité au jeune, et donc à l’aider à optimiser son potentiel de guérison.