Ils se sont trouvés un soir d’été au bord du lac. Tout de suite, ça a fait tilt. Elle lui a dit qu’elle ne voulait plus être seule. Il lui a promis qu’il s’occuperait d’elle. Alors ils vont s’aimer, s’épanouir, se soutenir, se compléter pour former une équipe de choc face aux tourments de la vie.

Il la désire, elle le rend beau. Jusqu’ici tout va bien. Mais la routine, l’habitude, les étreintes mécaniques, la patine et le poids des années sur leurs corps, le manque de concessions, les disputes et l’égoïsme font désormais partie de leur quotidien. Il se retourne sur d’autres silhouettes.

Elle pleure et rêve d’un autre. Ceux qui ne voulaient faire qu’un se déchirent. Ce n’est pourtant pas la fin de l’histoire. C’est là tout le problème.

Et si c’était maladif?

Ils ont bien tenté l’infidélité comme 20% des femmes et 30% des hommes, pourtant ils ont du mal à couper les ponts et chaque soir la même torture se répète. C’est qu’ils sont sans le savoir les victimes d’une pathologie mentale dévastatrice, car l’un des deux est un pervers narcissique.

Le couple qui était un refuge devient une prison, un enfer

Attention, après cette description, vous ne souhaiterez même pas à votre pire ennemi(e) d’en croiser un sur son chemin. Cela est hélas fort possible, car ils sont entre 3 et 4% sur terre à avoir un esprit de diable dans un corps d’ange. Ils sont d’abord séduisants, sympathiques, petit sourire en coin, le gendre idéal, lisse comme un premier de la classe.

Ils séduisent par leur côté charmeur et flatteur. «Invite Bruno à dîner, il est si gentil» vous saisissez le personnage? Eh bien! c’est sans se douter qu’une fois à l’abri des murs du foyer, le chevalier servant se transforme en suppôt de Satan.

Leur maladie est pire que contagieuse; vampire de l’âme, elle consiste à jeter leurs victimes dans une spirale infernale de culpabilisation et de dévalorisation. Ils s’en délectent. Le couple qui était alors un refuge devient une prison, un enfer.

Manipulateur toxique

Visage fermé, glacial, silences prolongés, petites phrases assassines. Chaque jour, ils rabaissent, humilient, parfois dévient dans des pratiques sexuelles que la morale nous empêche de décrire dans ces lignes. Ils prétendent toujours que c’est pour le bonheur de l’autre.

De l’extérieur, les autres regardent envieux, pensent que c’est l’homme idéal. Le propre des manipulateurs? Ils ont plusieurs visages: extravertis, bons vivants, séducteurs, cultivés, altruistes, ou plus timides mais aussi autoritaires et tyranniques.

En quelques secondes le masque change, une contrariété et ils passent en un instant d’une profonde tristesse à une fureur terrible. L’autre trinque, accepte, encaisse et parfois en redemande.

Comment s’en sortir?

Mais difficile, le plus souvent, de reconnaître ces personnalités hautement toxiques qui se cachent sous différents masques. Ils prennent l’ascendant, dominent et en font baver leurs victimes qui bien souvent sont incapables de se rendre compte de leur détresse mentale, pieds et poings liés aux vices de leur partenaire.

La victime souvent déstabilisée par une situation difficile et passagère, torturée par un sentiment d’abandon ou de solitude, laisse des failles béantes dans lesquelles le pervers narcissique s’engouffre instinctivement.

La victime perd rapidement la capacité de penser en dehors de son bourreau et d’agir sans ses ordres. Chacun est addict de l’autre, d’où l’immense difficulté de se sortir de ce piège. Pourtant, la seule et unique solution, c’est bien la fuite. Oublier définitivement, tirer un trait, fuir le bord du lac pour ne plus jamais risquer de s’y noyer...