Comment pourriez-vous expliquer simplement ce qu’est la sclérose en plaques? 

Il s’agit de la maladie neurologique la plus fréquente et l’une des premières causes des rentes de l’Assurance Invalidité. Elle concerne essentiellement les jeunes car elle se déclare entre 20 et 40 ans. Enfin, les femmes sont plus concernées que les hommes puisque deux tiers des patients sont de sexe féminin. L’évolution de la maladie est progressive et se caractérise au travers d’épisodes durant lesquels la personne affectée souffre de troubles de la vision, de la marche voire du contrôle de la vessie. Puisque ces symptômes viennent, s’en vont puis reviennent, on désigne cette maladie comme étant inflammatoire et avec des troubles neurologiques souvent réversibles. Parfois, il arrive que le malade n’ait qu’une seule poussée et n’en souffre plus jamais, mais la plupart du temps la sclérose en plaques progresse petit à petit en multipliant les poussées et en laissant des séquelles. 

Quels en sont les symptômes principaux?

Comme je le disais, on constate principalement, au premier stade, des difficultés concernant la vue et la locomotion. Dans les stades plus avancés, on se trouve face à des difficultés pour déglutir, avoir une vie sexuelle et également face à des altérations cognitives qui n’évoluent que rarement vers une démence. Cela dit, il arrive également que des sujets souffrant de la SEP ne s’en rendent jamais compte. 

Mais que peut la médecine pour combattre cette maladie? 

Il faut être clair, nous ne pouvons pas la guérir. Cela dit, avec un arsenal complet de médicaments, nous pouvons traiter certains symptômes des crises et diminuer le nombre des poussées. Finalement, on arrive souvent à ralentir la progression de la maladie. En fait, étant donné que la maladie est de source auto-immune, nous agissons avec des substances qui permettent de modifier ou supprimer une partie des réactions immunitaires autodestructrices du patient.

Dans ce domaine, que peut-on attendre de l’avenir? 

Le grand progrès que nous pouvons espérer viendra probablement des cellules souches. Nous pourrions ainsi reconstituer des nerfs qui auraient été détruits. Dans ce cas, nous pourrions faire marche arrière et permettre au patient de récupérer des capacités perdues. Il y a également un point qui me tient très à cœur, car nous avons dû y sensibiliser le législateur ces dernières années. Il s’agit de soins apportés avec des extraits de chanvre. Afin de faire reconnaître l’efficacité de cette méthode dans le traitement de la douleur et des raideurs musculaires, nous avons effectué l’une des premières études mondiales à ce sujet. Ce n’est bien sûr pas la panacée, mais c’est un moyen naturel parfois très efficace de traiter ces maux. 

Pour terminer, auriez-vous un message à faire passer au grand public? 

Oui, je désirerais enlever l’idée que la sclérose en plaques conduit forcément à la chaise roulante. Ce n’est pas tout à fait vrai! Cela est certes possible, mais de nombreux individus vivent très bien avec la maladie pendant des décennies.