Comment l’alimentation peut-elle avoir une influence sur nos nuits?

Se nourrir a un impact direct sur la qualité de notre sommeil. La nuit nous plonge automatiquement dans un état de jeûne physiologique. Perturber cet état par un repas trop riche le soir ou ne pas être suffisamment alimenté pour affronter ce jeûne de quelques heures est l’assurance d’une mauvaise nuit.

D’une manière générale, une bonne répartition des repas au cours de la journée permet de couvrir ses besoins énergétiques et de pouvoir se satisfaire d’un souper léger qui sera plus facilement digérable au cours de la nuit.

Un souper léger permet donc un sommeil moins agité et plus réparateur. Faut-il pour autant se coucher l’estomac vide?

Absolument pas, il ne faut pas tomber dans l’extrême inverse. Se coucher la faim au ventre est la promesse d’un sommeil de mauvaise qualité.

Idéalement, il faudrait se mettre au lit avec le sentiment de satiété, le secret du «ni trop, ni trop peu» en ayant consommé un repas équilibré environ 3 heures avant le coucher.

La qualité de notre sommeil a-t-elle un impact sur notre système endocrinien et la manière dont on se nourrit?

Oui, une bonne qualité de sommeil implique une meilleure régulation de la leptine et de la ghréline qui sont deux hormones qui interviennent tant au niveau de la sensation de satiété que de la stimulation de l’appétit.

Vous faites aussi le lien entre repos et comportement alimentaire?

Oui, lorsque l’on dort bien, on est plus serein, plus posé et nous arrivons mieux à faire face aux défis émotionnels ou au stress de nos journées.

Ainsi, les personnes étant identifiées comme des «mangeuses émotionnelles»  arrivent à mieux gérer leurs envies et ont moins tendance à se jeter sur la nourriture dès que quelque chose ne va pas.

Quelle est la plus mauvaise habitude alimentaire que l’on puisse avoir pour ruiner une bonne nuit de sommeil?

Bon nombre de personnes sautent le petit-déjeuner et/ou le repas de midi. Une fois le soir venu, elles se sentent affamées et se jettent sur la nourriture. Elles assimilent une grande quantité de calories en peu de temps et cela juste avant le coucher.

Il n’y a pas pire pour passer une mauvaise nuit. Il est plus physiologique de prendre 3 repas variés et équilibrés au cours de la journée afin de réguler la sensation de faim et de fournir à l’organisme tous les nutriments nécessaires.

Quels conseils préconisez-vous pour optimiser la qualité de votre sommeil?

Les micronutriments jouent aussi un rôle important. Une dose de magnésium de l’ordre de 50 à 100 mg une heure avant de se coucher aide à bien dormir. Le magnésium qui soutient le système nerveux va naturellement induire un état de relaxation propice à l’endormissement.

Les vitamines du groupe B sont elles aussi recommandées pour une nuit paisible car elles favorisent la sécrétion de la mélatonine qui est l’hormone du sommeil.

Du côté de la phytothérapie, peut-on recommander certaines plantes?

Oui, l’usage de certaines plantes peut s’avérer très utile. On recommande généralement la valériane, la passiflore, la mélisse et l’aubépine. Il existe, en pharmacie et parapharmacie, certains mélanges tout préparés reprenant cette combinaison de plantes.

Et les remèdes de grand-mère tels que boire du lait chaud avec du miel?

Oui, le lait contient du tryptophane qui est un acide aminé qui favorise le sommeil mais nous savons que sa quantité est insuffisante pour réellement avoir un effet sur l’endormissement.