Pour des milliers de personnes dans le pays et près de 4% de la population mondiale, le sommeil devient le meilleur ami de la fatigue.

Un véritable paradoxe car dormir et se reposer restent des gestes essentiels à la santé. Pourtant, c’est bien à cause de ce moment de détente total du corps que les apnées du sommeil apparaissent.

En pleine nuit, la langue et les muscles de la gorge se relâchent ce qui va bloquer le passage de l’air lors de la respiration. On tente alors de respirer, mais l’air ne circule pas à cause de cette obstruction des voies respiratoires.

C’est pourquoi les médecins parlent d’apnées obstructives, ou de syndrome d’apnées obstructives du sommeil (SAOS). La plupart du temps, le souffle est ainsi retenu mécaniquement durant 15 à 20 secondes, parfois même jusqu’à deux minutes!

Et cela se répète jusqu’à 60 fois par heure. Le sommeil d’habitude si paisible et si réparateur prend des allures d’une longue et douloureuse plongée en eau trouble.

D’une simple fatigue aux complications cardiaques

Ronflements, sensation de suffocation provoquent de microréveils au moment où l’on tente de reprendre son souffle. Impossible alors de dormir efficacement.

Sans ce repos réparateur, l’organisme est particulièrement affecté de nuit comme de jour avec des répercussions allant de la simple gêne à l’augmentation de risques de pathologies très graves.

Durant les apnées, la tension artérielle et le travail cardiaque augmentent comme lors d’une apnée sous l’eau par exemple. La multiplication de ces arrêts respiratoires et de la baisse du taux d’oxygène dans le sang représentent alors un stress majeur pour le cœur et le cerveau.

A long terme, les risques de problèmes cardiovasculaires comme l’hypertension ou les accidents vasculaires cérébraux ainsi que les insuffisances cardiaques sont accrus chez les personnes souffrant de ces apnées du sommeil.

Le jour, la fatigue est omniprésente. Cela va de maux de tête au réveil, de troubles de la mémoire, de difficultés pour se concentrer, de période d’irritabilité jusqu’à des somnolences au volant qui peuvent ainsi augmenter les risques d’accidents de la route chez nos plongeurs nocturnes.

La fatigue continuelle peut également engendrer des dépressions. Une récente étude a même montré un lien entre apnée du sommeil et troubles cognitifs chez les femmes âgées.

Portrait-robot d’un patient type

Le patient apnéique typique est un homme, car ils sont de 2 à 3 fois plus atteints que les femmes. Il serait âgé d’environ 60 ans, car c’est à partir de cet âge que les muscles deviennent moins toniques et se relâchent, ce qui double voire triple les risques de contracter des apnées du sommeil.

Enfin, cette personne serait en surpoids voire obèse car l’obésité augmente d’environ 7 fois les risques. C’est d’ailleurs le principal facteur aggravant car l’excès de graisse au niveau du cou entraîne un rétrécissement des voies respiratoires. La consommation d’alcool, de sédatifs et de tabac peut aussi multiplier les risques.

Pour respirer: dormez masqués

Heureusement, ces apnées du sommeil peuvent se traiter efficacement. Le traitement de référence à ce jour est le CPAP (continous positive airway pressure). A l’aide d’un masque relié à une petite machine, une pression d’air est maintenue dans les voies respiratoires empêchant ainsi leur fermeture.

Ce masque se porte durant le sommeil, appliqué sur le nez et la bouche, comme si l’on emportait des bouteilles d’oxygène dans nos plongées nocturnes. Bien que ce traitement soit extrêmement efficace: de 70 à 80% de réussite! il faut prendre le temps de s’habituer à dormir avec ce dispositif.

Cela peut paraître inconfortable au début, mais il faut être patient. La diminution des symptômes se fait sentir au bout de 4 à 6 semaines, à condition de porter le masque toutes les nuits.

Ce traitement permet d’améliorer la qualité de vie, la vigilance et la mémoire des personnes atteintes; il permet aussi de faire baisser la pression artérielle en cas d’hypertension.

La réduction de la taille et du bruit émis par les appareils actuels, ainsi que les progrès sur le design et les matériaux utilisés contribuent à rendre ce traitement de moins en moins impressionnant.

Pas question donc de ressembler au commandant Cousteau en pleine exploration sous-marine ni à Dark Vador pour retrouver un sommeil paisible. Promis.