Le sommeil inspire autant les artistes et les ingénieurs que les médecins et les chercheurs qui l’étudient activement.

La recherche sur le sujet est un domaine scientifique relativement jeune; pourtant, nous avons assisté récemment à un grand nombre de découvertes qui ont permis d’améliorer notre compréhension à son sujet: la description du sommeil paradoxal, l’existence d’une horloge interne pour réguler le rythme veille/sommeil, les liens entre le sommeil, la génétique, la mémoire et les différents états de conscience…

Malgré toutes ces découvertes, le sommeil reste un grand mystère. Nous sommes encore loin d’avoir entièrement compris toutes ses fonctions et ses mécanismes ainsi que les lois chargées de le réguler.

Troubles du sommeil

Une chose est certaine: il faut dormir pour donner au corps et au cerveau le temps nécessaire à leur récupération.

Cela paraît évident, pourtant la société et les modes de vie actuels nous poussent à diminuer le temps auparavant alloué au sommeil pour faire la part belle à de nouvelles activités, et ce, sans mesurer l’impact direct sur notre santé.

La preuve en est que la durée moyenne du sommeil dans la population occidentale a été réduite décennie après décennie pour atteindre aujourd’hui 6,7 heures en moyenne.

En plus de cette diminution du temps de sommeil, en voyageant à travers les fuseaux horaires, en travaillant la nuit et en étant soumis à de multiples stimulations sociales, sonores ou lumineuses, avec par exemple un éclairage quasi constant en ville, nous contribuons à accentuer la perturbation de son rythme naturel.

Insomnies, apnées, mouvements pathologiques au cours de la nuit, les troubles du sommeil qui en découlent sont présentés comme l’un des fléaux de la société moderne qui pointe du doigt une nouvelle forme d’épidémie.

Plus d’un tiers de la population adulte indique souffrir au moins ponctuellement de troubles du sommeil et 10 à 15% d’entre nous se plaignent d’insomnies chroniques importantes.

Enfin, les dernières études indiquent que les troubles respiratoires du sommeil touchent en moyenne 49% des hommes et 23% des femmes de plus de 40 ans.

S’agit-il d’une fatalité?

Sommes-nous condamnés à souffrir éternellement de troubles du sommeil? Certainement pas!   

La médecine du sommeil, auparavant parent pauvre de la médecine, déploie doucement ses ailes.

Il y a encore quelques années, les troubles du sommeil étaient négligés autant par les patients que par de nombreux médecins.

Aujourd’hui, livres, journaux et conférences, dédiés au sommeil, à ses troubles et aux traitements, ne cessent de se multiplier.

Alors que l’on répondait couramment à un patient qui disait: «Docteur, je dors mal!» avec une prescription de somnifères, on se tourne aujourd’hui vers une prise en charge plus précise.

Dans toutes les grandes villes on peut trouver des centres du sommeil où des médecins spécialisés et formés proposent des traitements appropriés:  

  • La thérapie cognitivo-comportementale (un traitement de choix dans le cas des insomnies chroniques) est appuyée par de nouvelles méthodes thérapeutiques telles que la méditation de pleine conscience («mindfulness») ou l’hypnose médicale.
     
  • Les troubles respiratoires du sommeil comme les apnées peuvent être efficacement traités grâce à différents appareils de type CPAP (Pression Positive Continue). De nouvelles approches thérapeutiques sont également en train d’être testées par les chercheurs afin de toujours améliorer le confort des patients pendant leur traitement.

En parallèle, l’évolution technique dont nous sommes témoins, peut également nous venir en aide.

Le futur

Le futur est déjà là avec des objets connectés capables de détecter une pathologie, de nous réveiller au bon moment, d’adapter l’intensité des luminaires au fil de la journée...

A condition d’utiliser correctement ces outils, la technologie peut devenir une fidèle alliée dans la quête d’un sommeil de meilleure qualité.

Toutefois, qu’il s’agisse de troubles légers ou plus importants, il reste important de consulter quand ceux-ci persistent, pour retrouver un sommeil récupérateur, sain et régulier et limiter les impacts sur notre santé (fatigue, risque de maladies cardio-vasculaires, diabète…) et les accidents de la route.

Il reste certain que le progrès technique, combiné à de nouvelles avancées dans le domaine de la médecine, permettra à l’avenir de prévenir certains troubles du sommeil pour nous aider à dormir à nouveau à poings fermés.