L’Insomnie chronique est un trouble du sommeil très fréquent qui touche 10 à 15% de la population adulte dans les pays occidentaux.

Dans 9 cas sur 10, l’insomnie se complique par la présence d’une autre problématique médicale, psychologique ou d’un autre trouble du sommeil; on parle d’une insomnie «avec comorbidité». Une évaluation médicale est essentielle, car ce qui va être la meilleure solution pour un patient peut présenter un danger potentiel pour un autre.

Les traitements possibles:

 

  • Les somnifères (parfois appelés hypnotiques) sont un groupe de médicaments destinés aux traitements des insomnies. A l’heure actuelle, nous ne disposons pas d’un «somnifère idéal», qui serait efficace à long terme, qui serait dépourvu des effets indésirables et capable d’induire le sommeil physiologique. Malgré leurs défauts, les somnifères peuvent être une bonne alternative pour les insomnies passagères (p. ex. dans le cas d’un stress ponctuel très important, d’un deuil ou d’une autre situation «exceptionnelle»). Ce sont des médicaments qui sont généralement assez bien supportés par les individus. Cependant, la situation est tout autre dans les cas d’insomnies chroniques qui durent plusieurs semaines, des mois ou des années. Dans ces cas, la prise de somnifères ne va pas apporter une solution durable, puisqu’au bout de quelques semaines le patient ne va plus ressentir un réel bénéfice de la médication et risque de devenir dépendent.
     
  • Les antidépresseurs sont des médicaments qu’on utilise dans le traitement de la dépression ou des troubles anxieux. Dans le cas d’une insomnie isolée, ce traitement n’est pas vraiment indiqué, mais la situation est tout autre chez les patients qui présentent une insomnie associée à un état dépressif ou à un trouble anxieux. Cette «combinaison» est très fréquente, car elle concerne presque la moitié des insomnies chroniques. Dans ces cas, les antidépresseurs sédatifs sont un des traitements le plus fréquemment utilisés. Il s’agit de médicaments permettant à la fois d’améliorer l’humeur «sortir de la dépression», diminuer les angoisses, mais également atténuer les insomnies. Ils ne présentent pas de risque de dépendance, et on ne devient pas «accro aux antidépresseurs» (contrairement aux traitements hypnotiques ou anxiolytiques).
     
  • La phytothérapie peut être une option appréciable dans les cas d’insomnies très légères et passagères. Un grand nombre de médicaments à base de plantes ont montré une réelle efficacité. La plante «star» dans cette catégorie reste la valériane, pour ses propriétés calmantes et sédatives; toutefois, on peut également utiliser la passiflore, le houblon, l’eschscholtzia, et d’autres plantes. Malheureusement, l’efficacité de la phytothérapie est souvent insuffisante dans les cas d’insomnies sévères.
     
  • La mélatonine est une hormone qui a des effets légèrement hypnotiques (aide à l’endormissement), et surtout un effet puissant sur notre horloge interne. Celle-ci se trouve dans l’hypothalamus et dirige les différents rythmes de notre corps (rythme veille-sommeil, rythmes hormonaux, rythmes métaboliques, etc.). La mélatonine prise au bon moment et à bonne dose peut aider à «remettre les pendules à l’heure», c’est-à-dire à bien synchroniser le rythme de notre corps avec l’environnement. Cependant, si la mélatonine est prise au «mauvais moment» ou à dose trop importante, elle peut perturber le rythme du sommeil. Afin d’éviter ce problème, la prise de la mélatonine doit être prescrite par le médecin.

Autres traitements?

  • Dans les cas d’insomnie «sans comorbidité», le traitement médicamenteux n’est pas vraiment indiqué. Dans ce cas, le choix du traitement repose sur la thérapie cognitivo-comportementale. Il s’agit d’une approche psychothérapeutique de courte durée (en général 5 à 8 séances), effectuée par un psychologue ou un psychiatre spécialisé. Durant le suivi, le patient modifie ses habitudes et change progressivement son regard sur le sommeil: il se «débarrasse» peu à peu de sa phobie de ne pas pouvoir dormir.

En conclusion 

  • On ne peut être ni «complètement pour» ni «complètement contre» les médicaments. Chaque patient est unique et les besoins doivent être évalués individuellement. Si vous pensez souffrir d’une insomnie chronique, la meilleure chose est tout d’abord de consulter votre médecin traitant ou de s’adresser à un centre du sommeil spécialisé, afin d’établir un diagnostic et de discuter du traitement le plus adapté à votre cas.