En tant que fascinateur de renommée mondiale, quel regard portez-vous sur le sommeil?

Une bonne nuit de sommeil permet de récupérer notre énergie. Notre corps, et plus particulièrement notre cerveau ont besoin de sommeil pour se régénérer. Malheureusement, la plupart des personnes manquent de sommeil à cause du stress, de l’accélération des rythmes, des préoccupations professionnelles et familiales.

La qualité de vie est alors altérée et des problèmes de santé peuvent survenir.

De plus en plus de personnes insomniaques ont recours à l’hypnose pour mieux dormir. Qu’en pensez-vous?

Les résultats que nous obtenons en hypnose nous démontrent clairement son efficacité. Pour ce qui relève des troubles du sommeil, l’hypnose peut en effet aider à recaler ses rythmes, car dans la plupart des cas, il s’agit principalement d’un problème comportemental lié à l’hygiène de vie. S’il y a de plus en plus de personnes insomniaques qui ont recours à l’hypnose, c’est parce qu’elles trouvent une réponse à un besoin.

Outre l’hypnose, il y a aussi la sophrologie avec laquelle il est possible d’obtenir de très bons résultats. Dans bien des cas, ces thérapies naturelles peuvent les aider à mieux dormir et ainsi éviter la médication.

Selon vous, quel est le dénominateur commun entre l’hypnose de spectacle et l’hypnose thérapeutique?

L’hypnose de spectacle relève de l’instantanéité. En effet, nous devons pouvoir, en quelques minutes, sélectionner les sujets les plus réceptifs afin de les faire entrer dans un imaginaire très fertile une fois sur scène.

En thérapie, les professionnels de la santé ont le temps de parler avec la personne, de faire une anamnèse, de préparer le terrain pour travailler sur la problématique. Cela étant, qu’elle soit ludique ou thérapeutique, le principe fondamental de l’hypnose est exactement le même; dans les deux cas, nous entrons en communication avec le subconscient de la personne en vue d’obtenir un résultat.

Si une personne montait sur scène et vous demandait de l’aider à résoudre un problème d’endormissement, que feriez-vous?

Sur scène, il s’agit d’une hypnose de divertissement. Nous sommes là pour nous amuser, pour nous faire plaisir et, par la même occasion, découvrir la puissance de l’hypnose. Le but n’est donc pas d’établir un diagnostic ni de traiter un trouble ou une maladie.

Cela relève des professionnels de la santé. Aussi, pour répondre à votre question, je conseillerai à cette personne de faire appel à un ou à une hypnothérapeute.

Avez-vous parfois des échanges avec le secteur médical?

Il y a quelques années, j’étais régulièrement en contact avec des professionnels de la santé. Certains sont d’ailleurs devenus des amis. Au CNRS, par exemple, nous faisions de la recherche pour affiner notre compréhension des phénomènes liés aux états modifiés de conscience; notamment savoir pourquoi certains sujets sont très réceptifs et d’autres moins, voire pas du tout. Nous avons testé et mis au point divers protocoles.

Cette étape de ma vie a été très enrichissante. Maintenant, avec plus de 200 représentations par an, plus les émissions TV et radio, je n’ai plus suffisamment de temps à consacrer à la recherche scientifique. Cependant, je me tiens toujours informé des dernières avancées.

Vous voyagez beaucoup à travers le monde. Comment gérez-vous le jetlag et la fatigue?

Je me sers essentiellement de la sophrologie et de l’autohypnose dès l’instant où il m’est possible de pouvoir le faire. Certaines études tendent à démontrer que quinze minutes d’autohypnose ou de sophrologie peuvent équivaloir à trois heures de sommeil.

En ce qui me concerne, je ressens en effet une profonde récupération d’énergie à l’issue d’une séance. Ces états modifiés de conscience correspondent à des rythmes alpha, voire thêta; c’est-à-dire très proches du sommeil tout en restant en conscience.

De par mon métier, je dois être en mesure de récupérer rapidement afin d’être au meilleur de ma forme sur scène ou sur un plateau TV. Dès que je ressens le besoin de récupérer de l’énergie, je mets en application ce que j’ai appris; c’est une seconde nature.

Où puisez-vous toute l’énergie qui vous caractérise?

Cette énergie, je la trouve dans l’amour de mon métier. Elle m’est essentiellement transmise par le public. Lorsque je suis sur scène, le public me confère énormément d’énergie. Il peut bien sûr m’arriver d’avoir un coup de fatigue juste avant un spectacle, mais dès que j’entre en scène, cette fatigue s’estompe pour laisser place à une puissante énergie qui me permet d’assurer le spectacle et de performer jusqu’à son terme.

A votre avis, que devons-nous faire pour préserver notre sommeil?

Je pense qu’il est important d’identifier les éléments qui le perturbent et, parallèlement à cela, apprendre à se libérer l’esprit. Beaucoup de personnes sont quotidiennement fatiguées à cause des rapports qu’elles entretiennent avec leur entourage.

Le ressentiment, la peur, la résistance et tous autres états d’esprit négatifs sont énergivores et nuisibles à la santé. Seuls le détachement, la joie, les pensées positives, la résilience et une attitude «zen» permettent d’avoir une meilleure qualité de vie et par conséquent, de sommeil. Bien sûr, lorsque l’on est en proie à certaines difficultés professionnelles, familiales ou de santé, il est parfois difficile d’entretenir un état d’esprit positif; certaines personnes y arrivent toutefois. Selon moi, je pense que tout un chacun peut y parvenir en cultivant, ne serait-ce que quelques minutes par jour, des petits moments de détente, de relaxation, de lâcher-prise.

C’est la résistance face à la vie qui nous épuise et dans bien des cas, nous empêche de d’avoir de bonnes nuits de sommeil. Travailler sur la résilience, adopter une posture d’acception permet de retrouver progressivement une meilleure qualité de vie. Aussi, j’encourage tout un chacun à prendre soin de soi et surtout, à chercher, à découvrir et à mettre en œuvre ce qui est bon pour soi.

Recommendation:

Prochainement en Suisse

  • 20 juin 2019, Morges, Théâtre de Beausobre
  • 16 février 2020, Genève, Théâtre du Léman