Quand parle-t-on de troubles du sommeil chez l’enfant?

On commence à parler de troubles du sommeil lorsqu’un enfant, âgé de 0 à 18 ans, souffre de problèmes d’endormissement ou de réveils nocturnes durant plus qu’un mois.

Existe-t-il plusieurs troubles du sommeil?

Oui absolument, ces problèmes sont nombreux et peuvent avoir des origines fort différentes. La première grande catégorie de troubles sont d’origine comportementale: difficultés d’endormissement et insomnies sont les plus fréquents avec 90% des consultations. Viennent ensuite les parasomnies telles que somnambulisme, bruxisme ou terreurs nocturnes. La troisième catégorie reprend les troubles du sommeil liés à des causes physiques ou médicamenteuses telles que les problèmes neurologiques, psychiatriques, dermatologiques et d’oto-rhino-laryngologie. Enfin, on assiste de plus en plus, chez les adolescents, aux troubles du sommeil liés à la perturbation du rythme circadien, c’est-à-dire de notre horloge biologique en raison des trop longues heures passées sur les écrans, bien après l’heure idéale du coucher.

Vers quel âge ces troubles se manifestent-ils généralement?

Dans la majorité des cas, les parents viennent nous consulter lorsque leur enfant a entre quelques mois et 4 ans. Ensuite, et surtout à l’adolescence, les parents ne sont pas toujours au courant de l’état de fatigue de leur progéniture et ne prennent donc pas de rendez-vous.

En Suisse, combien d'enfants sont touchés par ces troubles?

Il est difficile d’avancer un chiffre car d’une part, puisque ce sont les parents qui prennent un rendez-vous chez un spécialiste, ils doivent d’abord être conscients de l’existence d’un problème, et d’autre part, tous ne viennent pas nécessairement en consultation. On peut toutefois estimer que 30 à 40% des enfants et adolescents connaissent des troubles du sommeil, et ce chiffre est plutôt à considérer comme un minimum.

Comment ces troubles affectent-ils la vie et la santé de l’enfant?

Lorsqu’un enfant ou un adolescent ne dort pas assez, les principales conséquences sont des problèmes de concentration, de mémorisation et de vigilance qui peuvent mener à des accidents. On constate aussi chez les enfants une relation entre dette de sommeil et obésité.

Comment y remédier?

Les traitements dépendent bien évidemment de la cause des troubles. Mais dans de très nombreux cas, instaurer une bonne hygiène de vie faite d’horaires réguliers, d’une bonne alimentation, d’une certaine activité physique et de l’établissement de rituels d’endormissement comme se coucher à heure fixe dans le lieu et de la manière où l’on dort, permet de rétablir des nuits paisibles. Toutefois, lorsque le problème est lié à un usage abusif des écrans, ce que l’on voit souvent chez les adolescents, le remède consiste tout bonnement à limiter, voire supprimer leur utilisation avant le coucher.

En quoi les écrans sont-ils nuisibles?

Ils le sont pour deux raisons à savoir: l’exposition à la fameuse lumière bleue qui ralentit la production de mélatonine qui est l’hormone du sommeil et parce qu’ils nous maintiennent éveillés. Difficile en effet de s’endormir lorsque l’on est en pleine partie de jeu ou de «chat» avec ses amis.

Quand les parents devraient-ils consulter un spécialiste?

Les parents devraient venir nous voir si l’enfant ou l’adolescent présente des insomnies, n’est pas reposé au réveil après une nuit de sommeil, lors de somnolence diurne, lors de ronflements ou de troubles du comportement nocturne inexplicables.