Certaines personnes sont en proie à des difficultés d’endormissement, d’autres se réveillent plusieurs fois dans la nuit, et d’autres encore sortent de leur sommeil bien avant l’heure de réveil souhaité.

Pour autant que le phénomène se produise au minimum trois fois par semaine, le diagnostic est clairement établi: «Nous sommes en présence d’une insomnie», nous explique la doctoresse Raffray en mettant l’accent sur le fait que certaines personnes cumulent les trois critères.

Par ailleurs, nous dit-elle, l’insomnie en tant que telle doit entraîner des répercussions sur la journée comme la fatigue, l’irritabilité et/ou une altération de la mémoire. Les personnes qui dorment peu ou qui ont un sommeil fractionné ne sont pas considérées comme insomniaques si elles ne ressentent aucun trouble dans la journée.

Catégories et causes

Les différents types d’insomnies sont classifiés en fonction de leur cause. Une de ces causes est l’insomnie par mauvaise hygiène de sommeil. Elle concerne les personnes dont les mauvaises habitudes altèrent la qualité du sommeil, par exemple rester devant un écran en soirée ou encore consommer de manière excessive des produits à base de caféine, souligne Mme Raffray.

Nous pouvons aussi être en présence d’insomnies avec une comorbidité, c’est-à-dire associées à un autre problème de santé comme des douleurs chroniques empêchant la personne de s’endormir ou la réveillant la nuit.

La dépression est aussi une cause fréquente d’insomnie. Il existe également des insomnies «isolées», non associées à d’autres problèmes de santé, comme l’insomnie psychophysiologique qui s’installe à la suite d’un stress ponctuel, mais qui va continuer à s’auto-entretenir malgré la disparition de l’agent déclencheur. 

La santé en danger

La conséquence première d’une insomnie chronique est une mauvaise qualité de vie. Plus grave encore, la fatigue et l’inattention peuvent être à l’origine d’accidents au travail ou sur la route. Et lorsque l’insomnie s’installe durablement, elle peut entraîner des troubles anxieux et des risques de dépression.

Dans les cas extrêmes, des pathologies cardio-vasculaires, par exemple un risque accru d’hypertension.

Traitements

Le traitement de première intention est non médicamenteux, nous explique la doctoresse, plus spécifiquement des thérapies cognitivo-comportementales. Ces thérapies reposent sur le réajustement progressif du temps passé au lit au temps de sommeil dont la personne a besoin, ni plus, ni moins. Les traitements médicamenteux sont à éviter sauf en cas d’autres problèmes associés, comme une dépression ou en cas de manque d’efficacité des approches comportementales et cognitives.

S’informer

La qualité du sommeil repose prioritairement sur une bonne hygiène de vie. Il est nécessaire aussi de faire preuve de la plus grande régularité possible, notamment l’heure du lever, et pour le soir, se coucher uniquement lorsque l’on ressent les signes du sommeil.

En cas de doutes ou de questionnements, un ou une spécialiste du sommeil saura prodiguer les bons conseils pour bien dormir, conclut la doctoresse Raffray.