Y a-t-il meilleur endroit que le hall d’une gare, vers 7h30, pour se faire une idée de la qualité du sommeil des personnes que l’on croise? D’un côté, il y a celles qui ont bien dormi, et d’un autre côté… il y a les autres.

Si nous revenions les jours suivants, nous croiserions les mêmes personnes et constaterions que le scénario se répète. On peut dès lors se demander pourquoi nous ne sommes pas égaux devant le sommeil et, surtout, quelle est l’origine de cette inégalité. 

Une horloge dans le cerveau

Dormir est avant tout une question de rythmes. En cela, l’être humain possède en lui une horloge biologique dont le cycle est dit «circadien» du latin circa, qui signifie «proche» et dies, qui veut dire «jour».

En effet, notre horloge interne est calée sur un cycle d’environ 24 heures; soit une durée quasi équivalente au jour astronomique. Son rythme est réglé par la sérotonine.

Il s’agit d’un neuromédiateur fabriqué à partir de l’acide aminé «tryptophane» que l’on trouve principalement dans la protéine de lait. A noter aussi qu’un des rôles de la sérotonine est de synthétiser la mélatonine, l’hormone du sommeil.

Or, il arrive que certains facteurs endogènes ou exogènes viennent perturber l’action de la sérotonine avec pour conséquence un dérèglement plus ou moins important du sommeil en termes de cycles, de durée et de qualité.

L’ennemi public n° 1

Une fois de plus, le stress est pointé du doigt. Il se révèle être le principal responsable des altérations du sommeil à cause d’une surproduction de cortisol. En temps normal, cette hormone de l’action s’élimine naturellement en fin de journée.

Mais à fortes doses, l’organisme n’est plus en mesure d’éliminer le surplus. Dans ce cas de figure, la sérotonine et la mélatonine ne peuvent plus assurer correctement leur fonction.

On assiste alors, dans la plupart des cas, à l’apparition du syndrome de retard de phase du sommeil. La qualité du sommeil s’en trouve aussi affectée par des réveils fréquents. 

Jet-lag, travail de nuit, horaires variables

Les déplacements en avion à travers plus de trois fuseaux horaires peuvent être aussi la cause d’une désynchronisation du rythme circadien, le fameux jet-lag.

L’organisme se trouve alors confronté à un brusque décalage entre sa propre horloge et l’horloge du monde extérieur.

Ses capacités d’adaptation étant dépassées, il n’est plus en mesure d’assurer une bonne régulation veille-sommeil.

Un phénomène plus ou moins similaire peut se produire chez certains travailleurs de nuit ou à horaires variables, avec toutes les conséquences que cela implique.

Changements hormonaux

Les résultats issus des études sur le sommeil ont démontré que les changements hormonaux ont un impact sur la stimulation et l’utilisation de la sérotonine par l’organisme.

Ainsi, en cours de ménopause, le sommeil de la femme est moins réparateur car plus léger. Il peut être perturbé par des difficultés d’endormissement, des réveils fréquents et une sensibilité accrue.

Il n’est pas rare non plus que les jeunes en phase de puberté soient touchés par les mêmes symptômes.

Les parents devraient se montrer particulièrement vigilants dans le sens où la croissance et les capacités cognitives de leurs enfants peuvent être négativement impactées.

L’âge

Passé la quarantaine, les phases de sommeil léger s’allongent au détriment du sommeil profond réparateur et des phases de sommeil paradoxal indispensables, entre autres, au bon fonctionnement de la mémoire.

Les risques d’endormissement difficiles et de réveils nocturnes sont plus élevés à partir de cet âge. Ces troubles sont dus, en grande partie, à une diminution progressive de la sérotonine.  

Retrouver un sommeil de qualité

Qu’on se rassure! Bien qu’il s’agisse de la nuit, le tableau n’est finalement pas si noir, pour autant que l’on prenne les mesures nécessaires afin de bien dormir.

En effet, la plupart des troubles du sommeil peuvent être résolus par éviction de la cause, mais aussi en stimulant la production naturelle de la sérotonine grâce à l’apport de compléments alimentaires, et plus particulièrement le tryptophane associé à la vitamine B3.