Contrairement à une croyance largement répandue...

...les personnes avec handicap (PAH) se déplacent tout autant que les personnes sans handicap (PSH). Cette estimation est corroborée par une étude de l’Observatoire de la Mobilité en Ile de France (OMNIL).

Elle démontre en effet que l’écart du nombre de déplacements quotidiens entre personnes sans handicap (PSH) et personnes avec handicap (PAH) est très faible. On peut, sans trop de risques, transposer les résultats de cette étude française aux grandes villes suisses, d’autant que notre pays met tout en œuvre pour abolir la discrimination entre PSH et PAH.

Aplanir les obstacles, sécuriser et rendre accessibles toutes les infrastructures et tous les véhicules de transports publics ; telle est la mission que devront remplir les principaux acteurs du secteur d’ici 2023 pour être en conformité avec la Loi sur l’égalité pour les personnes handicapées (LHand).

Une loi, mais pas seulement…

Entérinée en décembre 2002 par le Conseil Fédéral, cette loi va modifier en profondeur le concept de la mobilité puisqu’à ce titre, les personnes en situation de handicap devront pouvoir se déplacer dans les meilleures conditions possibles, à l’instar de tous les citoyens. C’est un défi de taille que se sont engagés à relever les professionnels de la mobilité.

Hormis la Loi qui pose un cadre et en détermine sa mise en application, d’aucuns s’accordent à dire qu’il y a d’abord et avant tout une prise de conscience collective quant à l’obligation morale et citoyenne de tendre vers une plus grande équité en matière de déplacements.

En effet, malgré les contraintes inhérentes à leur problème de santé, les PAH démontrent quotidiennement leur volonté de pouvoir jouir, comme tout le monde, d’un accès aux commerces, salles de spectacles, bâtiments publics, lieux d’aisance, installations sportives, voies publiques, transports, etc. Cependant, un trajet, si court soit-il, peut très vite se transformer gymkhana urbain si rien n’est mis en œuvre.

Des investissements importants

A ce titre, les grands chantiers de mise en conformité sont déjà en route, et ce, depuis de nombreuses années. Des dizaines de milliards ont en effet été investis et continuent de l’être pour le bien-être et le confort des PAH. Par ailleurs, les sociétés de transport handicap sont de plus en plus nombreuses. Leur éventail de prestations offre aux personnes à mobilité réduite la possibilité de se déplacer en toute sécurité, en tous lieux et sur toutes distances à bord de véhicules spécialement aménagés.

Situation dans les cantons de Genève et Vaud

Les Chemins de fer fédéraux (CFF), les Transports publics genevois (TPG) et les Transports publics lausannois (TL) mettent tout en œuvre pour honorer l’échéance 2023.

Du côté des gares, ce ne sont pas moins de 82 infrastructures qui devront pouvoir être accessibles sans restriction aux PAH, sans compter les haltes. Les travaux vont bon train afin que les délais puissent être tenus.

Du côté du matériel roulant, les lignes régionales sont en avance sur les grandes lignes. Une grande majorité des voitures sont en effet déjà en conformité, notamment parce qu’il s’agit, pour la plupart, de rames neuves de dernière génération, équipées, entre autres, de planchers surbaissés, d’espaces pour les fauteuils roulants et de toilettes adaptées.

Pour les grandes lignes, il devra y avoir au moins un train par heure accessible aux PAH d’ici 2023. Les nouvelles rames mises en service répondront à toutes les exigences. En ce qui concerne les autres rames, plus classiques, l’accès s’effectuera, comme c’est le cas aujourd’hui, avec l’aide du personnel des CFF. Il est possible en effet d’appeler gratuitement le Call Center Handicap CFF pour solliciter une assistance.  

En ce qui concerne les TPG et les TL, l’accès aux véhicules pour les PAH est au cœur de leurs préoccupations. Il en va de même pour ce qui relève des informations sonores, visuelles et tactiles, aussi bien aux stations et arrêts qu’à l’intérieur des véhicules pour faciliter les déplacements des personnes malvoyantes et malentendantes.

Les véhicules de dernière génération sont déjà en conformité pour un accès facilité, et les autres véhicules, plus anciens, sont en cours d’adaptation ou équipés de rampes d’accès amovibles pour les fauteuils roulants. Par ailleurs, TPG et TL proposent aussi un service d’accompagnement et des véhicules complémentaires pour répondre à des besoins spécifiques en matière de transport handicap.  

L’échéance 2023 sera-t-elle respectée ?

Beaucoup reste encore à faire. Nul ne sait à ce jour si l’intégralité des aménagements sera réellement terminée, mais nous pouvons d’ores et déjà saluer la nouvelle politique fédérale sur la mobilité ainsi que l’ensemble des mesures et les efforts qui sont mis en œuvre pour les personnes handicapées.