Lorsqu’une personne nouvellement en situation de handicap désire retrouver la possibilité de conduire, la première étape est de se soumettre au test de simulation de la SUVA. Celui-ci permettra de définir précisément quels sont les moyens auxiliaires minimaux qui devront être mis en place afin de permettre la conduite. Avec ce compte rendu, un installateur spécialisé pourra alors émettre un devis qui devra ensuite être validé par la Fédération suisse de consultation en moyens auxiliaires pour personnes handicapées. Enfin, c’est l’AI qui se chargera alors du remboursement de l’installation.

Adapter le véhicule à chacun

«De nos jours, il existe de très nombreuses solutions industrielles qui permettent des adaptations standardisées à moindre coût. C’est le cas, par exemple, de la commande à la main des gaz et des freins qui autorise une conduite sans l’usage des jambes», détaille Xavier Tornay, le directeur de la société valaisanne Handitech. En outre, pour une personne en situation de handicap qui n’aurait perdu l’utilisation que de la jambe droite, il est également possible de déplacer les pédales. A savoir que toutes ces modifications doivent être facilement réversibles au cas où une personne valide, le garagiste par exemple, doit conduire le véhicule. Lorsque la personne handicapée ne peut pas sortir de son fauteuil pour s’installer seule sur un siège de voiture, il est nécessaire d’utiliser des petits utilitaires dont l’arrière sera totalement reconstruit afin de laisser place à une ouverture et un chemin accédant à la place conducteur. Le fauteuil, une fois arrimé, devient alors le siège conducteur. C’est très rapide!

Le besoin d’innover

Il arrive que les produits existants sur le marché ne suffisent pas à permettre à certaines personnes handicapées de prendre le volant en toute sécurité. C’est alors que le talent et la créativité d’un bon adaptateur de véhicule se révèlent et prennent une valeur toute particulière. «Pour l’un de nos clients qui n’avait plus l’usage ni de ses jambes ni de son bras droit, nous avons dû créer un système totalement hybride», se souvient Xavier Tornay. «Grâce à un petit outil électronique fixé sur le volant, la direction, le frein et les équipements électriques du véhicule pouvaient être gérés par la main gauche. Quant à l’accélération, elle se faisait avec l’épaule droite.» Des solutions originales doivent aussi parfois être trouvées pour abriter des petites grues pour fauteuil dans des véhicules de petites capacités, par exemple. Mais, avant que la voiture puisse rejoindre la circulation, le Service des automobiles doit toujours homologuer l’ensemble des modifications. Il peut arriver que cette étape pose quelques soucis, surtout lorsque les adaptations n’ont pas été effectuées avec des solutions industrielles.