Le cancer du poumon en Suisse

Dans notre pays, le cancer du poumon touche chaque année environ 4200 personnes, correspondant ainsi à 10% de tous les cancers. D’après la Ligue suisse contre le cancer, les hommes seraient principalement touchés puisqu’ils représentent 61% des personnes concernées.

Il s’agit du deuxième cancer le plus fréquent chez les hommes et du troisième chez les femmes. L’Office fédéral de la statistique rapporte que ce mal est la cause de décès la plus fréquente chez les hommes même si les taux de nouveaux cas et de mortalité ont diminué au cours des dernières années.

Chez les femmes, pour qui ce cancer constitue la deuxième cause de mortalité, la situation est malheureusement tout autre car tant les taux de nouveaux cas que de mortalité ont connu une augmentation depuis 1985.

Comment le définir?

Le cancer du poumon est la croissance incontrôlée de cellules anormales dans un poumon ou les deux. Ces cellules ne remplissent pas les fonctions des cellules pulmonaires normales et ne se développent pas en tissu pulmonaire sain. Lors de leur croissance, ces cellules anormales peuvent former une tumeur et perturber les fonctions du poumon qui alimente le corps en oxygène via le sang.

Causes et stéréotypes

Chaque patient étant différent, il est impossible de définir précisément l’origine de chaque cancer du poumon bien qu’il existe de nombreux facteurs de risque.

Alors qu’en Europe, 20% des cancers ne sont pas dus au tabagisme, «le manque d’acceptation sociale du tabagisme a mené à une stigmatisation des fumeurs et de nombreuses personnes considèrent qu’ils sont eux-mêmes responsables alors que ce cancer peut toucher tout le monde» rapporte le professeur Solange Peters, cheffe du Service d’oncologie médicale du CHUV.

Même si fumer représente le facteur de risque de cancer du poumon le plus important, tous les fumeurs n’en développent pas un et il est souvent dû à une association de plusieurs facteurs de risque tels que l’exposition à la pollution de l’air, au tabagisme passif, au radon, à l’amiante, aux gaz d’échappement de diesel ou à d’autres substances chimiques et polluantes.

Des facteurs génétiques prédisposant ne sont pas à exclure non plus selon l’American Cancer Society.

Certains facteurs de risque peuvent déclencher des modifications de l’ADN des cellules pulmonaires qui peuvent entraîner une croissance cellulaire anormale et ainsi mener à un cancer. Bien que l’on puisse hériter des mutations de l’ADN de nos parents, l’American Cancer Society souligne que les mutations héritées ne représentent pas la cause unique du cancer du poumon.

Le facteur génétique existe bien mais les modifications génétiques associées à ces tumeurs sont plutôt des modifications acquises qui sont souvent le résultat de facteurs externes comme par exemple l’exposition à des produits chimiques cancérigènes.

Les signes qui devraient alerter

Malheureusement, la plupart des cancers du poumon ne provoquent de symptômes qu’au moment où la maladie a déjà atteint un stade avancé. Cependant, certains signes peuvent être de puissants indicateurs et il est important de consulter un médecin dès l’apparition des premiers symptômes car tout traitement sera plus efficace si le cancer est décelé à un stade précoce, c’est-à-dire s’il est encore petit et qu’il ne s’est pas encore disséminé.

Parmi les symptômes les plus fréquents, on cite: une toux qui ne disparaît pas ou qui s’aggrave, des expectorations de sang ou de couleur rosée, des douleurs thoraciques qui s’aggravent lorsque l’on inspire ou rit, un enrouement, une perte de poids et d’appétit, un essoufflement ou encore des infections comme une bronchite et des pneumonies qui ne disparaissent pas ou qui réapparaissent.

Même si la plupart de ces symptômes peuvent être causés par bon nombre d’autres affections qu’un cancer du poumon, il est néanmoins important de consulter un spécialiste afin d’en trouver l’origine et de la traiter.

Comment poser le diagnostic?

Poser le diagnostic le plus rapidement possible est un facteur central du traitement curatif. Une radiographie des poumons et l’imagerie sont souvent les premiers outils utilisés à l’apparition des symptômes.

«De nouvelles connaissances ont toutefois montré qu’un dépistage par tomodensitométrie (CT-scan) à faible dose chez les personnes avec risque accru de cancer du poumon peut sauver nettement plus de vies qu’une radiographie» précise le professeur Walter Weder de l’Hôpital universitaire de Zurich et pionnier dans la transplantation pulmonaire en Suisse.

Le CT-scan peut aussi être combiné à la tomographie à émission de positons (TEP) qui est un examen d’imagerie utilisant la radioactivité pour créer une image, afin de découvrir si le cancer a essaimé ou non dans d’autres régions du corps. Des biopsies, des tests immunohistochimiques et/ou des tests moléculaires ainsi qu’une bronchoscopie peuvent confirmer la présence ou non d’une tumeur.

Options thérapeutiques

En fonction du degré de sévérité de la maladie, plusieurs options thérapeutiques sont disponibles pour les patients atteints d’un cancer du poumon. «Dans de nombreux cas, le médecin utilisera plusieurs options en même temps qui dépendront de l’état de santé général du patient, de sa fonction pulmonaire et du type de cancer du poumon» souligne le professeur Rolf A. Stahel, attaché à l’Hôpital universitaire de Zurich.

Le traitement le plus fréquent reste la chimiothérapie qui est particulièrement efficace contre les cellules qui se divisent rapidement.

La thérapie ciblée qui est plus spécifique que la chimiothérapie, est quant à elle, le plus souvent utilisée en cas de cancer du poumon avancé, seule ou en association à une chimiothérapie.

Les médicaments utilisés dans l’immunothérapie incitent, quant à eux, le système immunitaire du patient à reconnaître plus efficacement les cellules cancéreuses et à les tuer.

Enfin, la radiothérapie utilise des rayons à haute énergie (par exemple les rayons X) ou des particules pour tuer les cellules cancéreuses.

Avant d’en arriver là, pensez à aller consulter.