La réinsertion professionnelle est la priorité de l’assurance-invalidité (AI). Pourquoi?
Depuis 2000, l’AI s’est enfoncée dans les chiffres rouges en raison notamment de la hausse du nombre de bénéficiaires. Aujourd’hui, le déficit pèse 15 milliards de francs. Pour redresser les comptes, l’un des objectifs de la 5e révision est de réduire le nombre de nouvelles rentes par la réinsertion professionnelle. Une personne recevant l’AI pendant 20 ans peut coûter plus d’un million de francs à la collectivité, alors qu’une journée de réadaptation est évaluée entre 70 et 400 francs. Il y a donc un gain économique énorme. Mais c’est aussi une question de dignité. Nous souhaitons redonner une chance, un nouveau départ, une place dans la société aux personnes en difficulté.

Quelle est votre mission?
Par les mandats que nous confient l’AI, l’ORIF prend en charge environ 2000 mandats chaque année dans ses dix centres. Ce sont des jeunes et des adultes qui souffrent d’un handicap physique, sensoriel ou psychologique. Nous formons des jeunes et des adultes à une trentaine de métiers différents, notamment au travers de CFC ou AFP. C’est notre mission principale: réinsérer durablement dans l’économie suisse les personnes en difficulté, grâce notamment à des périodes de stages et à du coaching en entreprise. Nous pouvons aussi mener des missions d’intervention précoce. Nous recevons des travailleurs en difficulté pour évaluer leur aptitude au travail et le cas échéant, leur apporter un soutien.

Quels sont les résultats?
Nous avons mesuré notre taux de réussite à 80 %, deux ans après la sortie de formation. Parmi ces personnes réinsérées, environ 90 % se retrouvent alors sans rente ou avec une rente partielle. Nous recherchons le meilleur ratio coût/qualité de la formation. Nous bénéficions d’argent public, nous nous devons d’être efficients. La réinsertion professionnelle doit diminuer sensiblement le nombre de rentes.

Quel est l’objectif de la réinsertion?
Elle doit être gagnante pour tous les acteurs. Pour l’assuré et la collectivité, bien évidemment, mais aussi pour les employeurs. Cela doit être un enrichissement pour les entreprises. Pour cela, il est impératif qu’elles recrutent des collaborateurs qui répondent à leurs besoins. L’ORIF a son propre service d’intégration qui permet un suivi personnalisé jusqu’à plusieurs mois après la formation si le collaborateur ou l’employeur rencontrent des difficultés.