Comment définissez-vous l’accompagnement thérapeutique avec le cheval (ATC) ?

Il s’agit d’une thérapie psychocorporelle qui vise à considérer le patient dans sa globalité, c’est-à-dire, sur les plans physique, psychologique, émotionnel et aussi, au niveau de ses sens, de ses compétences et de sa relation aux autres.

L’ATC se base sur une relation de confiance entre le patient, le thérapeute et le cheval qui, par ses caractéristiques corporelles et relationnelles, joue le rôle de médiateur entre les deux personnes.


Chacun peut être moteur de la thérapie à un moment ou à un autre.
 

A qui s’adresse l’ATC ?

En créant un contexte de confiance, la relation avec le cheval et le thérapeute permet au patient d’avoir une meilleure compréhension et prise de conscience de son corps, de ses émotions et de ses comportements.

Outre le plaisir et la sensation de bien-être que procure le contact avec l’animal, les bienfaits de l’ATC sont nombreux. Parmi les plus importants, on peut citer la détente musculaire, la tonification de certains muscles, le renforcement des notions spatio-temporelles, la compréhension des consignes, et la gestion des émotions.

Cette thérapie a également fait ses preuves auprès de personnes ayant des difficultés psychosociales telles que le burn-out, la dépression, les troubles de l’attachement ou encore, alimentaires.

A quoi attribuez-vous les bienfaits sur le plan psychosocial ?

En ayant plus de contact avec la terre ferme, on assiste à un lâcher-prise naturel.  Cela favorise l’émergence de nouvelles émotions. Lorsque l’on a confiance en l’animal, on s’en remet à lui qui ne juge pas.

Le cheval permet une communication très spontanée en dehors de toute structure sociale. Le cavalier pose des actes et interagit avec le cheval, que ce soit à terre ou en selle. Cet échange physique et verbal lui permet de prendre conscience de sa propre personne.

Pour les enfants ou les adolescents ayant des difficultés de communication et de concentration, l’ATC peut se faire en groupe. Dans ce cas, le cheval devient le point commun au groupe, il les lie les uns aux autres. Aussi, l’intégration de ces jeunes devient plus fluide.

Faut-il savoir monter à cheval ?

Pas du tout. Monter, être en selle ou progresser en équitation n’est pas l’objectif de la thérapie. Ce qui compte, c’est le contact avec l’animal qui accueille la personne telle qu’elle est, en restant fidèle à ce qu'il sent à chaque instant, ce qui veut dire qu’il place aussi des limites.

Lorsque le handicap est trop important pour que la personne puisse monter sur le cheval, comme c’est le cas de personnes en chaise roulante, on a recours à l’attelage, c’est-à-dire que la personne communique avec l’animal depuis un char attelé au cheval.

Nous avons toutefois de nombreuses personnes en chaise roulante qui montent à cheval. C’est donc du cas par cas. Différents types de selles et de poignées nous permettent de prendre en compte toutes les caractéristiques physiques et mentales.

Y a-t-il des restrictions d’âge et de taille pour suivre ce genre de thérapie ?

Il n’y a pas d’âge minimum ni de restriction de taille. Par exemple, j’ai eu en thérapie un bébé d’un an qui souffrait du syndrome FOXG1. Il s’agit d’une maladie génétique rare caractérisée par un trouble neurodéveloppemental. Pour cet enfant, les résultats de l’accompagnement ont été surprenants.

Faites-vous appel à une race chevaline particulière ?

Non, il n'y a pas de race plus adaptée qu'une autre. Il y a bien sûr des races réputées plus « réactives » que d'autres, mais, comme chez les chiens, on peut trouver des individus extrêmement affectueux dans des races dites « plus agitées » et des individus agités dans des races réputées calmes.

Les chevaux sont choisis en fonction de la personne en difficulté et de leur tempérament. 

Est-ce pris en charge par les assurances maladies ?

Ce domaine est encore très nouveau pour les caisses d’assurances en Suisse. La prestation n’est pas remboursée par la LAMAL, mais certaines assurances complémentaires la prennent en charge.

  • Info

La neuroconnexion pour l’intégration harmonieuse des réflexes archaïques

En débloquant des circuits neuronaux, la pratique manuelle de la neuroconnexion permet d’accéder à de nouvelles ressources pour mieux réagir face à la vie.

La neuroconnexion n’est pas seulement un néologisme. Elle est aussi une pratique, encore peu connue du grand public. Quelle est cette nouvelle thérapie?

Cette pratique est en effet relativement nouvelle, même si elle s’inspire des études réalisées par le Docteur Harald Blomberg sur le Rhythmic Movement Training.
 

Elle agit sur les connexions nerveuses, notamment sur l’intégration des réflexes archaïques.
 

La présence de ces réflexes est un facteur limitant du potentiel personnel, que ce soit au niveau physique ou psychique.

Vous parlez de réflexes archaïques. De quoi s’agit-il exactement?

Les réflexes archaïques sont les mouvements automatiques involontaires, caractéristiques des nouveau-nés en réponse à certaines stimulations. Ils sont censés assurer notre survie physique, cognitive et émotionnelle.

A la naissance, ils sont systématiquement examinés par le corps médical, car ils sont la promesse d’un bon développement du système nerveux et musculaire. Si ces réflexes ne s’intègrent pas harmonieusement tout au long de la croissance de l’enfant, ils peuvent devenir persistants et nuire à son développement de telle sorte que des comportements de compensation nuisibles finissent par s’installer.

A qui s’adresse la neuroconnexion?

Elle s’adresse à un public relativement large puisqu’elle est adaptée aux enfants, adolescents et adultes. Elle est indiquée dans de nombreuses affections telles que les troubles psychologiques entrainant des blocages comportementaux, les problèmes d’attention et de concentration avec ou sans hyperactivité, les angoisses, les phobies, la dyslexie.

On y fait également appel pour les douleurs chroniques et postopératoires ainsi que pour les douleurs dites « fantômes » à la suite de l’amputation d’un membre. Cette thérapie est aussi indiquée pour les blessures liées au sport ou encore, pour les handicaps mentaux afin de rétablir une connexion entre le corps et l’esprit.

J’ai également vu de nombreux résultats positifs en ce qui concerne l’incontinence urinaire, le rétablissement de cycles menstruels plus réguliers et aussi, le développement de l’équilibre et de la coordination, pour ne citer que quelques exemples.

Comment se déroule une séance?

Au début de chaque séance, le patient et le thérapeute effectuent ensemble trois mouvements. Ensuite, le thérapeute va induire des mouvements vibratoires dans le corps en partant généralement des pieds.

Tout le corps se met alors à vibrer en partant d’en bas et s’arrêtant aux points de blocage sur lesquels il faudra travailler. Le thérapeute peut ainsi diriger le patient vers des thérapies plus adaptées, par exemple ; la réflexologie, l’usage d’huiles essentielles, le travail sur l’attachement ou encore, la préparation mentale par reconstruction des circuits neuronaux.

A la fin de la séance, généralement d’une durée de 1 heure à 1.5 heures, les trois mouvements effectués au début sont à nouveau reproduits, mais avec beaucoup plus de facilité. Les résultats peuvent être spectaculaires.

Cette technique ne requiert donc pas la participation active du patient?

Exactement, et c’est là un des principaux avantages de la technique.

Nous allons solliciter le système nerveux autonome qui régule les processus automatiques de l’organisme, comme la circulation sanguine en lien avec la fréquence cardiaque et la pression artérielle, la respiration, la digestion et la thermorégulation, pour ne citer que ceux-ci. Il n’y a donc pas d’engagement “mental” ou de participation active du client de telle sorte que cette méthode est particulièrement adaptée aux personnes atteintes de handicaps mentaux pour autant qu’elles puissent accepter le contact physique à travers les habits.

Vous êtes active dans le domaine de l’accompagnement avec le cheval. La neuroconnexion présente-t-elle des similitudes avec cette thérapie équestre?

Oui, absolument. Les similitudes sont nombreuses et c’est justement au contact des chevaux, en observant les mouvements de bercement que leurs pas provoquent chez le cavalier et la sensation de bien-être qui en résulte que je me suis intéressée à cette technique.

Tout comme le contact avec le cheval, la neuroconnexion permet la libération d’émotions enfouies pour le rééquilibrage émotionnel et physique du patient.