Les massages tantriques sont un moyen pour parvenir à cette liberté. Mais qu’est-ce que c’est? «Pour cent personnes différentes, on trouvera cent réponses différentes», sourit une masseuse. «Mais l’idée, c’est de laisser le corps s’exprimer, plus loin que la communication verbale.»

Résumer le tantrisme à la sexualité serait un raccourci. Il s’agit avant tout d’être à l’écoute de son corps, et de ses besoins. «Quand un bébé pleure, on le prend dans ses bras pour l’apaiser. Le contact physique rassure.

«On masse tout le corps, en incluant les parties génitales. Nous vénérons le corps, tout le corps»

Les massages tantriques rejoignent cette idée, les rapports charnels sont importants chez les mammifères. Ce que nous sommes!», continue-t-elle.

Les tabous qui entourent cet art sont tenaces. «C’est normal, un tabou sert à mettre le cadre d’une société, pour se protéger de l’inconnu. Mais ce qu’on ne connaît pas peut aussi nous faire du bien», poursuit la masseuse. Et même si l’on parle de sexualité, on parle surtout d’énergies. «Nous les faisons circuler, pour atteindre une forme de bien-être.»

Mais comment procède-t-on? «D’abord, on discute pour comprendre pourquoi les gens viennent nous voir», explique la spécialiste. «Ensuite, on commence le massage, lentement, pour ralentir le corps, évacuer le stress. Nous sommes en paréo, pour y aller en douceur.

Puis, on l’enlève, une fois que la personne est prête. Et enfin, on masse tout le corps, en incluant les parties génitales. Nous vénérons le corps, tout le corps.» Pour stimuler les sens, des accessoires peuvent être utilisés, comme des fruits, des odeurs.

«On peut se servir aussi de nos cheveux, de notre souffle, d’une peau de lapin. Il s’agit de faire prendre conscience à l’autre de tout son corps. L’excitation vient naturellement.»

A qui s’adressent ces massages? «A tous! Les femmes aussi sont les bienvenues. Il faut juste qu’elles osent. La société n’aide pas, tout n’est que performance, socialement, professionnellement… et sexuellement. Avec le massage tantrique, on prend le temps de se libérer de tous ces schémas.» Les couples peuvent aussi s’y essayer.

«On leur apprend à se faire du bien ensemble», sourit la masseuse. Ils viennent pour trouver une meilleure communication physique. «Souvent, les hommes nous disent «ma femme n’aime pas ça», et les femmes «mon homme ne sait pas s’y prendre!», s’amuse-t-elle. «Mais quand ils se découvrent une sexualité épanouie, notre mission est accomplie.»