La télédermatologie

Ces plates-formes sont dans leur majorité créées par des médecins associés à des administrateurs.

Il y a différents modèles d’affaires: certaines applications visent à mettre en réseau les spécialistes du domaine pour discuter de cas cliniques avec le médecin traitant. Certaines pathologies complexes nécessitant la mise en place d’une «discussion interactive» peuvent ainsi être traitées.

D’autres offrent un service par le biais d’un site internet. Le patient peut, par son téléphone portable, envoyer une image sur la plate-forme après avoir créé un compte. Le service est payant. Après avoir rempli un questionnaire en ligne, il reçoit alors un avis diagnostic sur la photo envoyée avec une proposition de traitement.

Tout type de pathologie peut être ainsi couvert, allant du bouton suspect pour un cancer jusqu’à des plaques rouges affectant de plus larges surfaces. Le délai de réponse varie en fonction des sites prestataires.

Dans le premier cas de figure...

...le cadre juridique ouvre la possibilité d’un remboursement par l’assurance obligatoire des soins, étant donné l’existence d’un dossier médical chez un des médecins impliqués dans cette discussion. Dans le second, le cadre juridique actuel ne permet pas un remboursement par la LAMal.

Les premières applications permettaient un comparatif entre une lésion unique et un contrôle positif (image standardisée). Avec le temps, le système apprend/se perfectionne avec le flux constant d’images supplémentaires.

Nous parlons ici d’algorithme et entrons dans la sphère de l’intelligence artificielle. La majorité des plates-formes évoquées plus haut ne fournissent actuellement pas de réponses algorithmiques. Ce sont des dermatologues qui répondent aux sollicitations des patients et traitent toutes les pathologies de peau, de l’ongle et du cheveu.

Ces plates-formes permettent de réaliser un premier tri et de rassurer les patients sur des lésions bénignes évidentes. En cas de doute, le patient est convoqué par le médecin au cabinet privé. Un raccourcissement des délais d’attente et des économies des coûts de la santé peuvent ainsi être réalisés.

La société suisse de dermatologie souhaite consacrer des efforts dans ce domaine. Les enjeux sont également les questions relatives à la protection des données, la jurisprudence en matière de responsabilité professionnelle et d’émissions d’ordonnances.