Quels sont les défis futurs de la radiologie?
Il y en a quatre principaux. D’abord, introduire au quotidien les nouvelles technologies au bénéfice du patient. Ensuite, préserver la qualité des prestations malgré l’augmentation du nombre d’examens et la limitation des ressources. De même, il faudra participer activement aux réseaux de soins. Enfin, développer des collaborations entre le secteur public et le privé semble essentiel.

Quelles sont les innovations technologiques déjà applicables au quotidien?
Dans le domaine de l’échographie par exemple, l’élastographie est une nouvelle technique qui permet de mesurer la dureté tissulaire. Elle peut être utilisée pour quantifier le degré de fibrose du foie et éviter ainsi des prélèvements percutanés avec une aiguille. Cet examen est très simple à réaliser alors que la biopsie, en plus de son coût, comporte certains risques et des inconvénients (hospitalisation de quelques heures). L’élastographie permet aussi de caractériser avec plus de certitude les lésions que l’on voit avec l’échographie dans le sein et la thyroïde et semble d’un apport intéressant pour la détection du cancer de la prostate.

Y a-t-il de nouvelles techniques qui sont applicables à la détection des cancers?
Concernant le dépistage du cancer du sein, des nouveautés sont apparues sur le marché telles que les appareils de mammographie à tomosynthèse ou à microdose, permettant de découvrir davantage de cancers du sein à un stade plus précoce. Pour le dépistage des polypes du côlon et des nodules pulmonaires par CT-scanner, l’analyse automatique des images par des logiciels informatiques sophistiqués permet aux radiologues d’être plus performants dans la détection des petites lésions et dans la quantification de leur volume; ce qui est un indice précieux quant à leur dangerosité. Ces types de logiciels apportent un gain de temps considérable au radiologue qui peut se consacrer à d’autres tâches vis-à-vis du patient.

Comment vont évoluer les techniques d’imagerie que nous connaissons?
Les techniques non irradiantes telles que l’échographie et l’IRM vont certainement encore progresser. Il y aura certainement moins d’examens par CT-scanner et par radiographies. La mammographie restera la modalité de base pour les problèmes de sein, avec des évolutions technologiques.

Comment gérer l’importante augmentation du nombre d’examens tout en préservant la qualité de l’interprétation?
Les nouvelles technologies en imagerie ont débouché sur la multiplication du nombre d’images, qui est passé en quelques années d’une centaine à quelques milliers pour le CT-scanner par exemple. A cela s’ajoute une plus grande finesse des détails à analyser. Le radiologue doit donc s’adapter pour être plus efficace. Il doit réorganiser son quotidien, créer un environnement de travail favorable pour rester concentré, lire les examens sur des consoles et maîtriser des outils informatiques de plus en plus sophistiqués. Son poste de lecture ressemble actuellement à un petit cockpit d’avion!