Comment fonctionnent ces implants révolutionnaires?

GC: Il s’agit concrètement de recréer le fonctionnement de l’œil sur un patient aveugle en retransmettant à son cerveau des informations visuelles sur son environnement. Il ne verra pas d’images à proprement parler mais des signaux lumineux forts. En fait, la prothèse comprend une antenne, un boîtier électronique et un faisceau d’électrodes; elle est implantée à l’intérieur de l’œil. Ensuite, le patient doit porter un équipement externe comprenant des lunettes équipées d’une caméra reliée à la prothèse par une communication sans fil.

TW: Il est tout de même important de préciser que nous ne sommes pas dans un cas identique à un simple implant que l’on poserait après une opération de la cataracte. En l’occurrence, ces prothèses demandent un apprentissage complexe pour interpréter cette nouvelle forme de vision et l’ancrer dans la réalité. C’est aussi pour cette raison que tous les patients ne sont pas éligibles pour l’instant et qu’il est essentiel d’avoir déjà connu la vue auparavant. Pour l’heure, nous ne travaillons qu’avec des patients qui ont perdu la vue à cause d’une rétinite pigmentaire.

Comment est perçu ce nouveau produit par le monde médical?

TW: Il y a généralement beaucoup d’intérêt, et je suis attentivement cette entreprise depuis plusieurs années. Cela dit, pour l’instant, et proportionnellement à l’ensemble des gens qui perdent la vue en Suisse et dans le monde, nous ne pouvons traiter ainsi qu’un tout petit nombre d’aveugles. Mais il est très encourageant de voir ce genre d’avancée drastique.

A quand un remboursement par l’assurance maladie?

GC: Malheureusement, la Suisse est un peu à la traîne sur cette question. Contrairement à d’autres pays européens, nous ne sommes pas pionniers dans le remboursement de nouvelles technologies médicales et nous en pâtissons.

Quels sont les résultats?

TW: C’est une certaine forme d’autonomie que la personne aveugle retrouve avec une véritable conscience de son environnement et une vie sociale améliorée. Tout cela a une valeur inestimable.
GC: Nous savons que nous pouvons encore améliorer notre produit, notamment en y ajoutant une reconnaissance faciale, mais nous voulons pour l’instant achever les tests de la version actuelle et constater son efficacité.

INFOS

  • 150 000 francs, c’est le coût de l’opération de l’implant de Second Sight et du suivi par des spécialistes en basse vision. S’il est remboursé en Allemagne, ce n’est pas le cas en Suisse.
  • Time et Popular Science Magazine considèrent Second Sight comme l’invention de l’année 2013; CNN comme l’une des dix idées les plus prometteuses et le Forum économique mondial l’a nommé pionnier technologique.
  • Environ 1500 personnes souffrent de rétinite pigmentaire en Suisse.