Le cerveau est la base de notre personnalité et individualité. Il suffit de s’imaginer l’impossibilité de recevoir une greffe d’un cerveau sans perdre son identité. Et la mort du cerveau est la mort de la personne.

Malheureusement, cet organe si précieux et irremplaçable est aussi très vulnérable. Et sa capacité régénérative est nettement moindre que celle d’autres organes de notre corps.

L’espérance de vie ne cesse d’augmenter, en partie elle est due aux progrès thérapeutiques dans d’autres domaines de la médecine. Cela met au premier plan qu’il nous faut en urgence obtenir des succès comparables dans la prise en charge des maladies du cerveau, que ça soit en neurologie ou psychiatrie ou dans d’autres disciplines médicales concernées.

Dans l’attente, les maladies du cerveau nous coûtent cher, très cher. Les experts de l’European Brain Council ont estimé pour 2010 un coût total de 800 milliards d’euros par an en Europe.

En comparaison, les estimations pour les maladies cardiovasculaires et les cancers sont autour de 200 milliards pour chacune de ces catégories. Ces estimations sont très difficiles à obtenir et il faut rester méfiant quant à leur précision. Néanmoins, elles donnent une idée de l’ordre de grandeur de la charge financière qui pèse sur nos sociétés et de leurs causes.

« L’OMS mesure l’impact des maladies en termes de ‹ jours de vie perdus › en raison de décès précoce ou handicap»

Et ce n’est pas la seule charge à prendre en compte. Au lieu de considérer les coûts, l’OMS mesure l’impact des maladies en termes de «jours de vie perdus» en raison de décès précoce ou handicap.

Elle estime que les maladies du cerveau sont responsables de plus d’un tiers de l’impact que toutes les maladies ont sur la quantité et qualité de vie de notre population.

La souffrance qu’entraînent les maladies du cerveau ne concerne pas seulement les patients touchés mais aussi leur entourage, si par exemple les capacités cognitives et communicatives sont compromises.

De tels handicaps peuvent se produire de façon brutale comme dans l’AVC, et dans le pire des cas perdurer sans amélioration significative. Mais ils peuvent aussi se produire de façon lentement progressive comme dans la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies dégénératives.

Encore d’autres maladies du cerveau ne se manifestent que de façon intermittente mais souvent elles l’impactent déjà beaucoup plus tôt dans la vie comme l’épilepsie ou la sclérose en plaques.

Certes, lors des dernières décennies nous avons vu des avancées médicales importantes arriver dans le domaine des neurosciences cliniques. Notre précision diagnostique s’est améliorée grâce aux progrès dans les techniques allant de l’imagerie jusqu’à la génétique. Mais nos moyens thérapeutiques restent modestes pour de nombreuses maladies et insuffisantes par rapport à l’importance du défi.

D’où vient cette difficulté? Tout simplement de la complexité du cerveau qui dépasse de loin celle de tout autre organe de notre corps. La complexité est la base de toutes les fonctions qu’assume le cerveau, nos actions, nos perceptions, nos capacités cognitives et nos émotions.

Mais, elle est aussi l’obstacle qui nous empêche encore de savoir comment réparer le cerveau atteint d’une maladie ou d’un traumatisme. Il faut comprendre pour soigner.

Seule la recherche sur le cerveau et ses maladies pourra nous aider à trouver des solutions thérapeutiques. Et pas un seul type de recherche mais de multiples efforts à de multiples échelles d’observation et d’investigation entrepris par de multiples disciplines.