Depuis quelques années, la technologie des IRM s’est fortement améliorée, ce qui a permis l’introduction d’aimants deux fois plus puissants que ceux de la génération précédente. Une innovation dont ont d’abord profité les hôpitaux universitaires, mais qui est en train de se répandre dans de nombreux centres de radiologie. «En ce qui concerne l’imagerie du cerveau, de nombreuses pathologies bénéficient de l’amélioration de la qualité des images à 3 Tesla, comme par exemple les petites malformations du cortex dans l’épilepsie, ou encore les micro-anévrysmes des vaisseaux intracrâniens.», expliquent les Drs Amina Abdelmoumene et Duy Nguyen, spécialistes FMH en neuroradiologie au sein du centre ID Imagerie à la Clinique La Colline à Genève.

Sans risque supplémentaire
Pour rappel, contrairement au scanner, la technique d’IRM n’est pas basée sur l’emploi de rayonnements mais sur celui d’un champ magnétique et d’ondes radio. Elle repose sur la propriété du noyau des atomes d’hydrogène de pouvoir se comporter comme une petite toupie aimantée dans certaines conditions. Or, ces atomes sont présents partout dans notre corps: dans l’eau et dans les graisses, en quantités différentes suivant les tissus. Lorsque les protons sont placés dans un fort champ magnétique – fourni par le gros aimant en forme de tunnel à l’intérieur duquel rentre le patient – ils s’aimantent.

En émettant des ondes électromagnétiques de même fréquence, on excite les noyaux d’hydrogène et perturbe l’état d’équilibre du système: c’est le phénomène de résonance. Après chaque impulsion, les protons restituent l’énergie accumulée pendant leur excitation en produisant un signal, réceptionné par des antennes. Ce signal dépendant étroitement de la concentration en eau des molécules environnantes, on peut ainsi distinguer chaque tissu. Quelle que soit la puissance de l’IRM, il n’existe donc pas de contre-indications ou de risque supplémentaire puisque les effets biologiques d’une courte exposition à un champ magnétique statique ont largement été étudiés et aucun effet délétère n’a été démontré jusqu’à présent.

Gain de sécurité et de confort
L’IRM est souvent redoutée par les patients tant il peut être pénible de rester parfois près d’une heure sans bouger dans cet environnement étroit, chaud et bruyant. Ils seront alors ravis d’apprendre que le temps d’examen peut être diminué de manière significative. «Cela dépend évidemment de l’indication, mais un examen complet du cerveau qui durait 45 minutes peut, par exemple, être réduit à 30 minutes», précise le Dr Duy Nguyen. Concernant le tarif, il n’est pas différent d’une IRM à 1.5 Tesla puisque la grille TARMED ne différencie pas les différences de champs magnétiques. «Maintenant, lorsqu’un patient consulte pour un mal de tête, un diagnostic avec un IRM à 3 Tesla permettra un résultat beaucoup plus sûr. D’autant que certaines pathologies nécessitent un traitement rapide sous peine de mettre en danger la vie du patient», conclut le Dr Amina Abdelmoumene.