Espérance de vie plus longue, cancer du sein, prévention, santé psychique, maternité, ménopause, incontinence, la petite différence concernant la santé: des mots-clés qui apparaissent souvent lorsqu’on parle de la santé des femmes.

Bien que les connaissances augmentent continuellement, des lacunes persistent

Ce sujet qui figure sur l’agenda depuis les années 1980 n’a rien perdu de son actualité.

Le programme de la Conférence sur la santé des femmes, organisée à Arlington (Etats-Unis) en avril dernier par la société internationale de la recherche sur la santé des femmes, reflète le large éventail des projets de recherche actuels.

A part les thèmes bien connus, tels que la santé sexuelle, la ménopause, «les œstrogènes et le cœur» ou les douleurs abdominales chroniques, les débats ont porté sur les aspects concernant spécifiquement
les femmes de maladies courantes comme le surpoids, le diabète, les maux de tête, la démence ou les troubles du sommeil.

Par ailleurs, on a pu constater que plusieurs interventions ont mis l’accent sur la manière par laquelle les nouvelles connaissances scientifiques doivent être mises en pratique dans les soins.

La santé des femmes en Suisse

Avec 85 ans, l’espérance de vie des femmes en Suisse compte parmi les plus élevées du monde. Elle dépasse actuellement de quatre ans celle des hommes, cette différence est toutefois en régression.

Chaque année, environ 5'700 femmes sont atteintes d’un cancer du sein en Suisse. Bien que le risque augmente avec l’âge, cette maladie touche également les femmes plus jeunes. Le cancer du sein est la cause la plus importante d’années potentielles de vie perdues chez les femmes.

Si dans la tranche d’âge de 35 à 65 ans les femmes sont moins souvent touchées par un infarctus du myocarde que les hommes, les maladies cardiovasculaires restent en général la première cause de décès chez les femmes et elles sont même plus fréquentes que chez les hommes (35% vs 31%).

Les femmes qui déclarent souffrir de stress psychique et celles qui subissent un traitement à cause de problèmes psychiques sont plus nombreuses que les hommes. En Suisse également, les femmes sont plus souvent touchées par des maladies auto-immunes, comme par exemple la sclérose en plaques ou les thyroïdites auto-immunes. La contraception efficace pendant des années est un autre thème important.

Les femmes doivent s’orienter dans un système de soins toujours plus complexe et plus concurrentiel. Si on leur accorde aujourd’hui davantage d’autodétermination en ce qui concerne la santé, elles sont également appelées à décider «en connaissance de cause» sur certaines thérapies.

Bien souvent, il s’agit là de questions sur lesquelles les sciences médicales, faute de connaissances suffisantes, ne sont pas à même de donner des réponses univoques.

Bien que les connaissances augmentent continuellement, des lacunes persistent. La question de savoir comment soutenir au mieux la santé des femmes est loin d’être résolue. Une recherche qui couvre un large éventail de thèmes et la mise en réseau des groupes de recherche au niveau international sont des aspects importants pour atteindre cet objectif.