Qui sont vos patients et comment arrivent-ils chez vous?
Nous assurons une prise en charge des patients de toute la Suisse romande. Ils viennent donc directement d’hôpitaux aigus, du domicile ou des agences de la SUVA. Lorsque le patient est transféré chez nous, nous le prenons en charge y compris lors de son retour à domicile et jusqu’au terme de sa réinsertion sociale et professionnelle.

Comment abordez-vous ce difficile défi de la rééducation?
Le projet thérapeutique est basé sur l’individu. Nous tenons compte du patient lui-même et du contexte social et familial pour fixer des objectifs adaptés. Des médecins, des physiothérapeutes, des ergothérapeutes, des psychologues, des neuropsychologues, des assistants sociaux et des maîtres socio-professionnels interviennent. Nous ne nous limitons pas aux aspects moteurs mais nous nous intéressons à ce que la personne fera ensuite dans la société. L’objectif est d’offrir un maximum d’indépendance. Nos ateliers et possibilités de stages sont aussi précieux pour ce faire.

A quel moment, décidez-vous d’arrêter la rééducation neurologique?
Tant que la personne récupère, le processus de rééducation se poursuit. Lorsqu’il n’y a plus d’amélioration, nous tentons d’adapter le handicap à l’environnement. A ce moment, nous utilisons des moyens auxiliaires ou adaptons, entre autres, le poste de travail. Nous travaillons beaucoup à l’extérieur. C’est le cas notamment lors de l’utilisation des transports publics ou de déplacements dans les centres commerciaux. Un ergothérapeute accompagne alors le patient dans la vraie vie. Il en va de même pour la conduite automobile.

En quoi la médecine progresse-t-elle aujourd’hui concernant la rééducation neurologique de celles et ceux qui ont subi une lésion cérébrale?
Dans tous les domaines, on ne cesse de progresser. La robotique et le virtuel ont pris une grande importance pour stimuler la plasticité cérébrale et donc retrouver un maximum de connexions. Pour la marche, des robots permettent par exemple aux patients de marcher même s’ils ne peuvent pas se tenir debout. Des programmes informatiques peuvent également entraîner des capacités cognitives comme la concentration, la mémoire ou le champ visuel. C’est ce que j’appelle une «robolution»!

Comment aidez-vous la recherche absolument essentielle concernant le cerveau et ses capacités à se remettre d’une lésion grave?
Depuis une année, nous avons une chaire de l’EPFL dans le domaine de la rééducation. Nous menons différents projets et aidons à faire progresser la science en fournissant des patients pour participer aux différents travaux. Parmi ceux-ci, d’intéressantes recherches au sujet du «Brain Interface» qui permet de déplacer une chaise roulante uniquement par la pensée et même bientôt peut-être de déclencher une stimulation des muscles à l’aide d’électrodes et refaire des mouvements avec les jambes. Tout cela est très prometteur et il y a d’autres projets au moins aussi intéressants qui se préparent.