Actuellement, les patients souffrant d’hypertension artérielle doivent porter un système relativement encombrant qui mesure leur tension artérielle en se gonflant autour du bras toutes les 20 minutes. Il est indispensable de réaliser ces mesures régulièrement afin d’éviter, par exemple, des complications telles qu’un AVC ou un incident cardiaque. «Mais cette méthode est très contraignante, surtout la nuit, puisqu’elle réveille le porteur du brassard. De plus, ne prenant que des mesures ponctuelles et espacées de plusieurs minutes, elle ne permet pas un vrai suivi en continu des paramètres vitaux», explique le Dr Josep Solà, ingénieur et chercheur au sein du CSEM, le Centre Suisse d’Electronique et Microtechnique. L’équipe de chercheurs autour de M. Solà est en train de mettre au point des capteurs microtechnologiques qui permettront de mesurer la tension artérielle non-stop, et sans gonflement de manchette autour du bras.

„Si les mesures ne sont pas normales, l’alerte peut être transmise vers une application smartphone“


Technologie ultralégère
Ces capteurs microtechnologiques sont en contact avec la peau du patient, et peuvent s’intégrer facilement soit dans un t-shirt, soit dans une ceinture au torse; très peu visibles et ultralégers, ils ne provoquent aucun inconfort. Leur fonctionnement est très simple: ils émettent de faibles courants électriques ainsi que des lumières infrarouges dans la peau, puis réceptionnent ces signaux. Ceux-ci, modifiés par leur parcours dans le corps, transmettent toutes les informations nécessaires au micro-ordinateur embarqué. «De cette manière, les données sont récoltées sans gêne et sans interruption. Si les mesures ne sont pas normales, l’alerte peut être transmise via une communication sans fil vers une application smartphone, par exemple», précise Josep Solà. Avec la multiplication des cas d’hypertension dans les pays occidentaux, une solution de diagnostic et de surveillance aussi simple devrait jouer un rôle important à l’avenir. D’ailleurs, en attente de la fin de la phase d’étude clinique, des entreprises actives dans la fabrication d’appareils médicaux se montrent d’ores et déjà intéressées à commercialiser cette technologie inédite, développée et brevetée par le CSEM.