Qu’a révélé le projet de «l’homme bionique» sur l’état actuel de la bionique?
Qu’il y a beaucoup d’organes que nous pouvons déjà remplacer, malgré plusieurs créations qui avaient l’air de relever de la science-fiction, tel le sang artificiel constitué de nanoparticules pouvant se coller et émettre de l’oxygène tout comme des globules réels de sang. Tout comme les implants de rétine artificielle qui rendent une capacité de vue partielle aux gens totalement aveugles.





 

La Bionique avance-t-elle rapidement?
A très grande vitesse. Beaucoup d’améliorations sont progressives, visant à rendre tout plus petit, plus léger, plus rapide, plus robuste. Cependant, bon nombre de défis majeurs ne sont pas encore résolus, comme le lien entre le cerveau et la prothèse. J’ai essayé le bras prothétique le plus avancé, capable de faire tous les mouvements d’un bras humain sain. Mais comment contrôler ses mouvements? On ne peut pas simplement le brancher sur le cerveau. Alors que ce projet soulève des questions intéressantes, il montre aussi que nous sommes encore très loin de la création d’un robot humanoïde. Le remplacement d’un cerveau n’est certainement pas pour demain.

Quelles sont les implications éthiques dans les développements de la bionique?
Certains systèmes, en particulier des prothèses de jambe, qui restaurent la fonctionnalité à 100 %, en sont presque à ce point dans leur développement. Mais l’évolution ne s’arrêtera pas là. Donc, qu’est-ce qui se passera si nous créons des prothèses qui dépassent les capacités du corps humain? C’est prévisible, peut-être de notre vivant. Les gens vont-ils choisir de remplacer un membre sain par un membre artificiel parce qu’il leur offrira davantage de fonctionnalités? Si c’était le cas, le marché de niche de ces produits pourrait évoluer vers un marché de masse. Dès que des entreprises sont impliquées et que beaucoup d’argent est investi, mon sentiment personnel est que l’éthique est mise à l’écart.