«Le premier événement marquant lié à mon apnée du sommeil est arrivé en pleine nuit. Si je suis encore en vie aujourd’hui, c’est certainement grâce à ma femme. Cette nuit-là, je me suis réveillé en proie à un grand malaise, à une grande panique, dans un état de confusion totale et pour cause; non seulement je ne respirais plus, mais j’étais incapable de reprendre ma respiration.

Ma femme m’a alors secoué. Cela a eu pour conséquence de me faire «revenir» et j’ai enfin pu respirer. J’ai eu extrêmement peur, j’ai bien cru que j’allais mourir, que c’était la fin. Au départ, j’ai pensé que cet arrêt respiratoire était dû à un rêve de noyade par exemple, mais il n’en était rien.»

Peur de dormir

«Traumatisé par cet événement, j’avais tellement peur que ça recommence que je n’osais plus dormir. J’ai vécu l’enfer pendant deux mois avant de me décider à aller voir mon médecin. Il a immédiatement soupçonné une apnée du sommeil par obstruction des voies respiratoires.

A cette époque, j’étais en surpoids. Cela n’arrangeait rien, tout était lié. Pour confirmer le diagnostic, j’ai dû dormir avec un appareil de dépistage. Hormis de nombreuses apnées de courtes et de moyennes durées, l’appareil a mis en évidence un arrêt respiratoire de deux minutes et quarante-quatre secondes. Le médecin pensait que ça n’était pas possible, que la machine devait avoir un problème. J’ai donc été remesuré la nuit suivante. Une nouvelle apnée de longue durée a été détectée.»

Si j’avais été plus âgé, je ne serais plus de ce monde

«Mon médecin m’a dit que j’avais de la chance d’avoir moins de 40 ans. Il a ajouté que si j’avais été plus âgé, je serais sans doute déjà mort par arrêt respiratoire et cardiaque pendant le sommeil. Il y avait donc une urgence absolue.

La première, retrouver des nuits normales et sécurisées. J’ai donc dû dormir avec une assistance respiratoire. L’appareil s’appelle CPAP, cela m’a complètement changé le quotidien. Deuxièmement, il fallait que je perde du poids. 

Merci à ceux qui m’ont aidé à m’en sortir

«J’ai dormi avec cette machine pendant huit ans. Je ne pouvais plus m’en passer, tant sur le plan psychologique que physique. Je me disais que ma vie en dépendait. Et puis, j’ai retrouvé un poids normal, tout commençait à bien aller.

J’avais à nouveau un sommeil de qualité et de l’énergie le matin en me réveillant. Mon médecin a donc décidé d’essayer de suspendre l’utilisation du CPAP, bien sûr, sous surveillance. Comme je n’avais plus d’apnée, j’ai pu enfin pu redormir sans assistance respiratoire. Aujourd’hui, tout va bien dans ma vie et j’aimerais remercier les personnes qui m’ont aidé. C’est grâce à elles si je suis encore en vie.»

  • Apnée du sommeil

Jusqu’à 500 arrêts respiratoires par nuit!

Insidieuse, sournoise et dangereuse, chaque nuit, l’apnée du sommeil nous guette sans que nous en ayant conscience. Plongée au cœur d’un phénomène à prendre très au sérieux.

Le syndrome de l’apnée du sommeil (SAS)...

...touche un homme sur deux au-delà de la quarantaine et pour les femmes; une sur quatre, selon les résultats de l’étude HypnoLaus menée par le Centre d’Investigation et de Recherche sur le Sommeil (CIRS - CHUV) de 2009 à 2013 sur un échantillon de 2000 Lausannois.

Les principales causes de l’apnée sont d’ordre mécanique. En effet, lorsque nous dormons profondément, un relâchement excessif des muscles du pharynx peut entraîner une obstruction totale ou partielle des voies respiratoires. La taille des amygdales, la morphologie du nez, la structure de la mâchoire et la présence de graisse au niveau du cou peuvent aussi être à l’origine d’une apnée. Plus généralement, la surcharge pondérale, l’alcool et certaines médications myorelaxantes sont aussi des facteurs favorisants.

Alerte!

Lorsque le phénomène se produit, le cerveau détecte un abaissement du taux d’oxygène dans le sang, avec pour corollaire une augmentation du gaz carbonique. Il y a urgence! A l’intérieur du cerveau, c’est une peu comme si tous les voyants se mettaient au rouge.

Par réflexe de survie, il ordonne alors différentes mesures; prioritairement une stimulation des muscles de la respiration. Etant donné qu’il s’agit la plupart du temps d’une obstruction mécanique, non seulement cette action ne suffit pas, mais elle est susceptible d’aggraver le problème. Il ne reste donc plus qu’une solution: le réveil.

Une personne sujette à plusieurs dizaines d’apnées par heure se réveillera donc autant de fois pour reprendre son souffle, avec toutes les conséquences que cela entraîne sur la qualité du sommeil.

Problématiques en cascade

La durée d’un arrêt respiratoire est variable. En moyenne, elle est comprise entre quinze et quarante-cinq secondes. Dans de très rares cas, elle peut aller au-delà de deux minutes. Les privations d’oxygène récurrentes affaiblissent l’organisme et plus particulièrement le cerveau.

On assiste alors à une dysrégulation des fonctions physiologiques qui, en l’absence de soins, peuvent entraîner une maladie d’ordre cardio-vasculaire ou d’origine endocrinienne, notamment le diabète. Par ailleurs, l’apnée est souvent la cause d’accidents en journée, de troubles de la mémoire, d’irascibilité, de dépressions et de somnolence. En effet, le sommeil étant sérieusement perturbé, il n’est dès lors plus possible de mener une vie normale.  

Détecter et agir

Il est donc très important d’être attentif aux moindres signes qui pourraient laisser supposer une apnée du sommeil et d’en parler sans délai à son médecin traitant. S’ils perdurent dans le temps, le ronflement, la fatigue chronique, la prise de poids et les troubles de l’attention sont des symptômes à prendre très au sérieux.

A ce stade, une polygraphie nocturne s’avère incontournable. Il s’agit d’un examen ambulatoire assuré par un appareil portatif qui, tout au long d’une nuit, mesure différents paramètres comme l’activité cardiaque, le taux d’oxygène dans le sang et le flux respiratoire. Si le diagnostic de l’apnée est confirmé, le médecin propose au patient un dispositif adapté à la problématique. Il peut s’agir d’un appareil respiratoire, d’un gilet permettant de conserver une position couchée latérale ou encore d’une orthèse mandibulaire.

L’efficacité de ces traitements est démontrée. La plupart des patients retrouvent une meilleure qualité de sommeil et par conséquent une meilleure qualité de vie grâce à un traitement approprié.