«Comment vas-tu?» «Ça va. Il faut bien.» Les maladies psychiques sont un tabou. Il est difficile d’en parler, tant pour les souffrants que pour leur entourage, et les conséquences sont dévastatrices. L’entourage évite le contact avec les personnes souffrant de maladies psychiques, et celles-ci se retirent et taisent leur maladie. Terrées dans cet isolement, leur état de santé peut empirer. Et pourtant, la plupart des maladies psychiques sont curables, surtout si elles sont traitées dès le début. Un habitant sur deux en Suisse souffre au moins une fois dans sa vie d’un trouble psychique grave. D’ailleurs, près de la moitié des cas de l’AI sont liés à des maladies psychiques. Le saviez-vous? Il est donc grand temps de briser ce tabou. Anxiété, dépression, troubles alimentaires, addiction sont autant de thèmes tabous dans notre société. Combien de personnes connaissez-vous qui sont touchées? Avec qui en parlez-vous?

Il faut aborder le problème

En parler n’est pas facile. Les personnes souffrant de troubles ou de maladies psychiques ont honte de partager leurs sentiments. Elles ont même peur, parfois. Pourtant, briser ce mur d’isolement est le premier pas vers la guérison.  Les souffrants ne doivent pas rester seuls face à leur maladie; ils ont besoin d’interlocuteurs qui savent écouter et faire preuve d’empathie. Nous aussi, nous devons briser les tabous. Nous sommes gênés d’aborder les problèmes psychiques avec notre entourage. Nous ne voulons pas les bousculer, nous craignons les réactions extrêmes. En bref, nous sommes dépassés. Or nous n’avons rien à craindre, car personne n’attend de nous que nous résolvions leurs problèmes. Il y a les professionnels pour ça. Écouter et essayer de comprendre ce que votre interlocuteur ressent suffit. «Je m’inquiète un peu, tu ne viens plus à notre dîner de groupe. Ça ne va pas trop?» Osons briser le tabou et parlons de tout, même de la santé psychique et des maladies.