Si le tabac reste l’ennemi public numéro un...

...d’autres facteurs jouent aussi dans l’apparition de cette maladie. Amiante, radon, maladies inflammatoires ou encore pollution sont autant d’acteurs qui augmentent les risques. Peut-on dépister efficacement ce cancer? Où en sont les traitements? Faisons le point. En tête de la liste des ennemis les plus destructeurs de nos poumons, il y a bien évidemment le tabac, responsable à lui seul de 92% des cancers. Il faut savoir que le risque s’accroît en fonction de plusieurs paramètres: la dose journalière de tabac et surtout la durée du tabagisme.

D’après de nombreuses études, la durée pendant laquelle on fume aurait plus d’impact que la quantité de cigarettes fumées. Les jeunes fumant de plus en plus tôt, la maladie a tendance à frapper plus précocement d’année en année; celle-ci peut se manifester désormais dès 40 ans.

Les particules fines présentes dans l’atmosphère à cause de la pollution ont aussi un impact direct sur la santé de nos poumons et favorisent l’apparition de la maladie. La pollution de l’air serait responsable d’environ 5% des décès liés aux cancers de la trachée, des bronches et des poumons. Les particules issues de la combustion du charbon, du pétrole, du gaz naturel et de l’incinération des ordures en sont les principaux responsables.

Ce problème est surtout préoccupant dans les pays plus pauvres et densément peuplés, notamment en Asie, mais concerne, à certains degrés, toutes les grandes villes du monde. Les particules fines émises par les véhicules diesel représentent l’un des facteurs de risque les plus connus.

Selon certaines études, elles seraient responsables d’autant de cancers que le tabagisme passif. Cette influence de l’environnement serait responsable de 10% des cancers du poumon suite à l’exposition de substances telles que l’amiante, les particules fines ou le radon. Depuis une dizaine d’années, on observe que ce gaz naturel qui s’échappe de certains sols et se répand dans les habitations participe de plus en plus au déclenchement de la maladie. En Suisse, de 200 à 300 personnes seraient touchées chaque année par un cancer déclenché par le radon.

Peut-on dépister avant qu’il ne soit trop tard?

Le dépistage du cancer du poumon est bien sûr possible mais son efficacité et sa précision sont encore assez relatives. Européens et Américains sont d’ailleurs très divisés sur l’efficacité d’un dépistage massif et systématique. Des dépistages peuvent cependant être pratiqués sur des groupes de patients bien choisis, notamment chez les fumeurs de plus de 55 ans en pratiquant un scanner tous les ans pour détecter l’apparition de la maladie.

Le problème, c’est que bien souvent, chez les plus de 55 ans, le dépistage va aussi révéler d’autres anomalies, pathologies ou maladies. On estime que les interventions et les investigations pour tenter de soigner ces pathologies annexes peuvent s’avérer au final dangereuses, voire mortelles pour des personnes d’un certain âge.

Presque aussi mortel que le cancer en lui-même chez une population âgée. Autre problème, le cancer pulmonaire se développe très vite dans l’organisme et il est détecté bien souvent à un stade non opérable. On estime qu’il faut en moyenne passer 217 patients au scanner pour sauver une seule vie.

Au final, ces dépistages ne permettent pas de faire reculer de manière significative la mortalité. Cependant, les médecins espèrent beaucoup de 2 études européennes en cours qui pourraient largement améliorer le dépistage pour permettre de mieux cibler les patients et mieux intervenir. Il faudra encore patienter un ou deux ans pour en connaître les conclusions.

Des traitements plus ciblés et des interventions moins lourdes

Le combat contre le cancer est cependant toujours en mouvement. Désormais, la chirurgie et les interventions sont de moins en moins invasives et lourdes pour les patients. Depuis quelques années, il suffit de réaliser quelques trous dans la cage thoracique pour intervenir à l’aide de caméra et de petits instruments à opérer une tumeur.

Une révolution qui permet désormais d’opérer des patients âgés et de faire baisser considérablement les temps d’hospitalisation. Les traitements font aussi d’énormes progrès.

Désormais, des thérapies ciblées permettent de traiter plus précisément les patients. Ces traitements sont dirigés non plus sur le corps tout entier mais contre des molécules spécifiques présentes sur certaines cellules cancéreuses.

Ces thérapies ciblées attaquent les protéines produites par ces anomalies génétiques et épargnent les cellules saines. Derniers arrivés, les traitements immunomodulateurs souvent utilisés dans des formes avancées de cancer du poumon.

Ces immunothérapies bloquent des récepteurs qui servent aux cellules cancéreuses à se camoufler et à échapper aux défenses immunitaires naturelles. Ainsi, les cellules cancéreuses peuvent être de nouveau reconnues par le système immunitaire. Enfin, la radiothérapie a fait de nombreux progrès ces dernières années, en permettant aussi de nouvelles irradiations de la tumeur plus efficaces et plus ciblées tout en préservant les tissus sains voisins.