Dr. Chevènement
Médecin-cheffe Unité de Sénologie Hôpital neuchâtelois

Devant l’ampleur du défi de santé publique que représente le cancer du sein, l’ensemble de la Suisse s’organise. Afin de répondre à cette problématique de manière professionnelle et efficace, de nombreux cantons se sont déjà dotés de centres du sein qui proposent une prise en charge transversale de toutes les maladies du sein, de l’homme ou de la femme. Parmi celles-ci, bien sûr, une grande majorité de cancers. Le corps de professionnels est composé de sénologues, de radiologues, de médecins nucléaristes, d’oncologues, de radiothérapeutes, de pathologues, de plasticiens et d’infirmières référentes en sénologie. Tous sont spécialisés à un haut niveau et le nombre conséquent de patients traités pour des pathologies semblables permet l’acquisition d’un niveau d’excellence. Ainsi, d’après la littérature, la mortalité peut diminuer de 30 à 50 % selon la prise en charge. 

Un travail d’équipe 

Le centre permet également une prise en charge renforcée des patientes tout au long de leur parcours, de l’annonce du diagnostic au suivi des traitements. Grâce à des réunions d’équipes, tous les spécialistes communiquent de manière optimale et chaque cas est analysé au regard de toutes les informations disponibles. 

Accréditation

Afin de garantir un niveau de qualité et de mettre en avant ces centres du sein, la Société Suisse de Sénologie et la Ligue contre le cancer ont édité un certain nombre de critères qui permettent d’obtenir une accréditation. A Hne (Hôpital neuchâtelois), nous traitons environ 150 nouveaux cas par an et nous sommes en train de mettre en place un centre accrédité, mais la situation budgétaire cantonale nous retarde quelque peu. La patiente soignée à Hne a accès à tous les traitements y compris la chirurgie plastique et reconstructive, assurée par le Dr O. Bauquis. Les sénologues sont formés en chirurgie oncoplastique, technique qui permet d’éviter dans certains cas l’ablation du sein. Nous constatons au niveau national que de trop nombreux obstacles politiques et financiers se dressent aujourd’hui sur le parcours de la création de ces centres. Chaque canton et structure hospitalière tentent de garder des patients dans leur pré carré et cela nuit au bien-être des patients. Il est donc nécessaire que chacun sache qu’il peut se faire soigner où bon lui semble, selon sa langue et sa situation géographique. Enfin, il serait bon que les pouvoirs publics se rendent compte de l’importance des choix qu’ils font pour l’avenir de milliers de patientes. Celles-ci méritent d’être mieux considérées que les chiffres économiques et les stratégies politiques qui guident certaines décisions en rapport avec la santé.