Des structures spécialisées

Pour surmonter l’épreuve d’un diagnostic et affronter les différentes étapes d’un traitement, les personnes atteintes d’un cancer peuvent bénéficier aujourd’hui de plusieurs structures leur apportant une prise en charge psychologique. Désormais intégré aux services d’oncologie des centres hospitaliers, du personnel spécialisé est ainsi disponible pour tenter d’apporter un élément de stabilité à des patients souvent soumis à des bouleversements émotionnels autant que physiques.

L’importance de la parole

«Au moment du diagnostic, il arrive que le patient touché par un cancer développe un traumatisme psychique», nous explique Marta Vitale, psychologue au Service d’oncologie des HUG à Genève. «Un tel traumatisme résulte souvent de la mise en échec des mécanismes de défense qui jusqu’alors refoulaient l’idée de la mort. Pour le surmonter, il importe d’aider le patient à retrouver une part de sa subjectivité, à récupérer une identité parfois accaparée par sa nouvelle situation».

Autre réaction, le patient sera fréquemment porté à s’interroger sur les causes de sa maladie. «Dans ce cas, la construction par la parole d’une histoire, qui pourra ensuite être évacuée, peut avoir un effet déculpabilisant». 

Du rôle de la dépression

Un processus dans lequel la dépression peut aussi avoir un rôle à jouer. «Alors qu’un état dépressif peut s’installer en réaction à un diagnostic, cet état sera souvent physiologique et non constant. Une telle phase peut aider le patient à se détacher, à se préparer à des séparations. La dépression pourra ainsi être considérée comme fonctionnelle».

Se projeter vers l’avenir

D’autre part, le patient aura souvent tendance à se fixer sur le présent, et éprouvera de la difficulté à se projeter vers l’avenir en exprimant des envies ou en concevant des projets. «Il est dès lors important de rappeler l’espace d’incertitude qui subsiste, et d’inciter le patient à saisir cet espoir pour chercher à améliorer sa situation et ne pas se focaliser uniquement sur la préparation à la mort». 

Une aide pour les divers aspects de la vie quotidienne

Le soutien psychologique apporté au patient ne se rapporte pas uniquement à la maladie. Alors qu’il peut s’attacher à la recherche de solutions plus profondes et viser à résoudre des conflits antérieurs, ce soutien peut également concerner des aspects pratiques de la vie quotidienne, comme la prise en charge des enfants, la redéfinition des rôles dans la famille ou encore les problèmes financiers. A cet égard, chaque patient fera ses propres choix. «La qualité de vie du patient n’est pas standardisée, et c’est à lui de révéler ses besoins; nous sommes à son écoute pour l’y aider». 

Cette diversité de soutiens se reflétera également dans les modalités de consultation. Certains patients consulteront toutes les semaines, d’autres seulement à la suite d’un nouveau bilan. «Dans tous les cas, il est important de ne pas faire coïncider la fin de la prise en charge psychologique avec la rémission de la maladie. En effet, il peut arriver que la personne guérie continue d’éprouver le besoin d’élaborer quelque chose au niveau psychique, après la maladie».