Contrairement à une idée reçue, une consommation excessive d’alcool n’est pas forcément synonyme d’addiction. La dépendance à l’alcool apparaît quand un individu éprouve un besoin irrésistible de boire en dépit des conséquences négatives que la consommation d’alcool pourrait avoir sur sa santé, son univers social, affectif et professionnel.

Un problème psychologique ou physique?

Selon le Dr Pascal Gache, addictologue officiant à Genève, dans les pays d’Europe occidentale de confession chrétienne, où l’alcool fait partie de la culture, ce phénomène concernerait 20% de la population.

Ces individus alcoolo-dépendants ont du mal à imaginer une vie sans alcool. L’alcool est un carburant nécessaire à leur bien-être; quand ils n’en consomment pas, on voit apparaître chez eux tous les symptômes associés à un état de manque (tremblements, anxiété, sudations, épilepsie).

C’est pour cela qu’au quotidien ils font tout pour éviter d’en manquer. Ils n’arrivent pas à concevoir qu’ils sont sous l’emprise d’une boisson aux vertus euphorisantes, qui ne fait que leur donner l’illusion du bonheur. La preuve en est que quand ses effets s’estompent, les problèmes qu’elle était censée résoudre demeurent entiers.

Une alternative existe

Encore récemment, le seul traitement qui était proposé aux individus alcoolo-dépendants était l’abstinence. Mais très vite ce type de traitement a montré ses limites car il est difficile pour un ancien buveur de devenir abstinent dans une société où la consommation d’alcool est très souvent encouragée et banalisée.

Il va de soi que dans un tel environnement, le risque de replonger est élevé et permanent. C’est dans ce contexte qu’est apparu le concept de consommation d’alcool contrôlée. Ce programme vise à réduire la dépendance par rapport à l’alcool en donnant aux individus des outils leur permettant de réduire leur consommation.

La consommation contrôlée est une thérapie cognitivo-comportementale au cours de laquelle le médecin va travailler sur une modification des pensées et des comportements du patient.

Le but étant de lui faire redécouvrir les plaisirs de la vie non associés à l’alcool. Dans le cadre de ce suivi thérapeutique, on va identifier les situations à risque qui incitent le patient à consommer de l’alcool et lui apprendre progressivement à mettre en place des stratégies pour les éviter.

Le debut d’une nouvelle vie

Ce protocole de soins est accessible à toutes les personnes motivées décidées à modifier leurs us et coutumes en matière de consommation d’alcool. Après trois mois de présence au sein d’un tel programme, il a été constaté que la consommation des patients baissait en moyenne de 40% et que cette tendance se confirmait au bout d’un an.

Le programme permet ainsi un compromis entre l’abstinence et une consommation excessive qui pourrait devenir problématique. Les personnes reprennent le contrôle sur leur consommation et, par conséquent, sur leur vie.