L’automne arrive avec son lot de dépressions saisonnières. Faut-il s’attendre à une nouvelle recrudescence de patients?

La dépression saisonnière est effectivement une réalité mais, même si elle est très présente dans nos journaux, ce n’est pas du tout la forme la plus courante de dépression. Il est effectivement prouvé que la diminution de la lumière et les changements biologiques à l’approche de l’hiver peuvent encourager un état dépressif, mais il faut d’autres facteurs psychologiques pour entraîner une dépression.

 

Quels sont les aspects de la dépression qui vous préoccupent?

Le fait, par exemple, que la dépression classique soit sous-traitée et sous-diagnostiquée. D’abord parce que la personne dépressive pense à tort pouvoir s’en sortir simplement avec de la bonne volonté et ensuite parce que le médecin peut peiner à identifier le mal qui se cache sous certaines douleurs chroniques ou plaintes imprécises d’un patient. Heureusement, la formation des médecins s’est beaucoup améliorée sur ce point.

 

En bref, comment traitez-vous une dépression?

Souvent, c’est le médecin généraliste qui la diagnostiquera et initiera donc le traitement. Il s’agira de mener, de manière combinée, une thérapie pharmacologique et une psychothérapie. Les deux sont nécessaires. Dans le cas où la dépression ne diminue pas suffisamment, on parlera de dépression résistante. Celle-ci entraîne un puissant mal-être chez le patient; il est donc nécessaire et urgent de faire appel à des spécialistes qui poursuivront le traitement, le modifieront ou l’intensifieront.

 

A en croire certains experts, le burn-out semble être dans l’air du temps. Est-ce une forme de dépression?

 

Disons que c’est un état d’instabilité psychologique qui peut effectivement conduire vers une dépression. Il serait très profitable de pouvoir dépister les profils à risques, notamment les gens très perfectionnistes, afin de leur éviter de devoir ensuite être pris en charge parfois de manière lourde.