L’espérance de vie d’une personne paralysée médullaire a spectaculairement augmenté depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Les pilotes héros de la guerre devenus paraplégiques ne sont pas étrangers aux progrès médicaux réalisés depuis cette époque. L’apparition d’antibiotiques efficaces puis l’apprentissage du contrôle de la vessie et du système digestif paralysés ainsi que le perfectionnement des méthodes de rééducation ont fortement diminué la mortalité liée à la para- ou tétraplégie. Par conséquent, il y a maintenant plus de personnes souffrant de ce handicap qui arrivent dans les EMS ou dans les réseaux de soins à domicile. «Pour une grande partie des soins, il s’agit de patients âgés comme les autres. Cela dit, ils ont besoin d’une attention, de gestes voire de traitements différents qui nécessitent un savoir-faire particulier», avertit Daniel Joggi, président de la Fondation suisse pour paraplégiques.

Des soins spécifiques

Parmi les particularités des patients âgés et paralysés, il y a les risques liés à l’absence de sensibilité des parties du corps paralysées qui peuvent provoquer des blessures involontaires ou des escarres. De même, les problèmes de vessie, ou d’intestin sont plus complexes que ceux d’un patient simplement âgé. «Notre but est donc d’identifier des établissements dans toute la Suisse qui sont intéressés à former leur personnel dans ce sens. Ainsi, nous pourrons recommander ces endroits à nos membres et ceux-ci y recevront des soins adaptés», explique Daniel Joggi alors qu’il est en train de lancer une vaste campagne d’information en Suisse romande afin que des sites comprenant des appartements protégés avec soins à domicile et services intégrés, plus un EMS à proximité, le contactent.

L’importance d’anticiper

Pour le moment, une personne handicapée reste souvent à domicile même quand l’endroit, les services et les soins inhérents à son âge ne sont plus adéquats. Quand on peut le planifier et s’adapter, mieux vaut déménager dans un appartement protégé où l’on dispose facilement des services nécessaires. Si la situation devait encore s’aggraver, le déplacement vers l’EMS adjacent pourrait se faire sans bouleversement. Et Daniel Joggi de conclure: «Il faut aussi prendre en compte qu’une personne âgée devenue paraplégique suite à une maladie n’aura pas forcément les mêmes besoins qu’un paraplégique devenu âgé. Dans le second cas, l’envie de mobilité sera généralement plus grande du fait de l’habitude des contraintes du handicap.»