Peu de gens le savent mais l’hypnose est un état tout à fait normal dans lequel chaque individu est plongé à plusieurs reprises durant la journée… Par exemple, lors d’un voyage en train, vous avez peut-être réalisé au moment de l’annonce d’entrée en gare: «Ah, on est déjà arrivé? Il faut que je descende!». Ce phénomène est caractéristique d’un état d’hypnose où le cerveau décroche, tout simplement. Ainsi, l’hypnothérapie, appelée également hypnose induite, n’est pas une prise de contrôle de la part d’un tiers mais bel et bien un état normal dans lequel vous êtes plongé par un thérapeute spécialisé.

La fameuse voiture rouge

En effet, il n’y a pas de prise de contrôle; il s’agit plutôt d’une mise en état de libération. L’être humain est entouré d’un environnement conscient qu’il peut calibrer et aussi de toutes sortes d’autres événements qu’il est incapable de capter. L’inconscient ne sait pas dire «Non». Autrement dit, si quelqu’un nous demande de ne pas penser à une voiture rouge, nous allons d’abord penser à cette voiture rouge, bien avant d’avoir le temps de se dire qu’il ne faut pas y penser! L’homme utilise moins de 10% de son cerveau… L’hypnose thérapeutique est donc une ouverture sur le 90% restant. Dans ce pourcentage, il y a bien 30% dévoués aux phénomènes inconscients comme la respiration, la multiplication cellulaire ou l’entretien des organes. Des actions physiologiques qui s’exécutent, fort heureusement, de manière automatique. Cependant, le solde de 60% offre un espace de liberté qui permet de débloquer de nombreuses situations et de faux complexes non perçus par l’individu et pourtant bien présents. L’arrêt du tabac, l’agoraphobie, l’arachnophobie ou le traitement des allergies font partie de la liste non exhaustive des sujets sur lesquels il est possible de se pencher.

L’objet de la gêne occasionnée

D’un point de vue purement pratique, l’hypnose est totalement indépendante de la langue du thérapeute. Il s’agit plus de la musicalité de la voix qui permet d’atteindre un état de transe hypnotique que le sens profond des mots prononcés. Comme l’explique Georges Lellouche, hypnothérapeute: «Je peux travailler sur du non spécifique, à l’aide de mon intuition, et ne suis pas du tout obligé de connaître l’objet de la gêne occasionnée. Chaque individu reçoit le monde par différents canaux sensitifs. Il y a des individus plutôt visuels, auditifs, gustatifs, kinesthésiques ou synesthésiques (ressenti)… Il s’agit ensuite de s’appuyer sur un critère de calibration sur lequel le patient est peut-être moins fort et de l’explorer plus en détail. La personne peut ensuite me parler ou simplement répondre à mes questions par signaux des doigts afin de signifier un oui ou un non.» Bref, il s’agit donc de faire le ménage en se plongeant dans l’inconscient du patient. L’hypnose permet alors d’accéder à ce réservoir rempli de souvenirs et de blocages, connus ou inconnus, du présent ou du passé.