Même sans maladie et avec une bonne hygiène de vie, il est inéluctable que la vue et l’ouïe diminuent peu à peu avec l’âge. Etant donné que les personnes âgées consultent peu pour cette raison, il est difficile d’estimer précisément l’ampleur du phénomène au niveau national. Cela dit, d’après les derniers indicateurs provenant de l’Union Centrale suisse pour le Bien des Aveugles UCBA, plus de 300’000 personnes en Suisse seraient atteintes d’un handicap visuel et près de 200’000 cumuleraient handicaps visuel et auditif. Une part importante de ce chiffre concerne les personnes âgées. «Nous avons estimé que les statistiques étaient préoccupantes. Elles révèlent un risque d’isolement des aînés que nous pouvons contribuer à réduire simplement, sans entrer de suite dans une relation d’assistance et de handicap. C’est dans ce but que nous avons créé www.sensus60plus.ch», explique Denise Cugini, responsable de la communication romande à l’UCBA.

Déstigmatiser pour encourager

Il n’est pas facile de reconnaître que nos sens commencent à faire défaut. Ainsi, le premier réflexe sera de le dissimuler en public et, souvent aussi, de ne pas se l’avouer à soi-même. Très vite, le risque est notamment de s’exclure des discussions en groupe. Un changement de comportement qui peut être mal interprété par l’entourage, comme le détaille Denise Cugini: «En voyant que son parent âgé ne prend plus de plaisir en société, beaucoup y voient un signe de dépression ou un début de démence. Pourtant, il suffit parfois de détailler les difficultés pour y trouver des solutions simples.»

Des conseils pratiques et simples

Mais, pour proposer des conseils pratiques, simples et adaptés, les associations manquent de contacts avec les personnes concernées qui se retrouvent, par conséquent, isolées. C’est là que les proches et les professionnels de la santé jouent un rôle crucial de relais d’information. En assumant ce rôle, ils permettent à la personne âgée concernée de ne plus avoir peur de déranger son entourage, ou pire, de faire toujours semblant d’avoir compris même si ce n’est pas le cas. Enfin, de la loupe au téléphone portable à grandes touches, en passant par des montres ou appareils parlants, les moyens auxiliaires sont multiples et permettent également de maintenir une certaine qualité de vie à celles et ceux dont les capacités visuelles et auditives ont diminué.