10 ans de polémiques, des controverses dans les médias et des patientes déboussolées depuis plusieurs années. Pourtant, la chute de la production des hormones sexuelles, ovariennes, peut nécessiter une prise en charge médicamenteuse.

Les symptômes de la ménopause sont l’élément le plus fréquemment mis en évidence mais les hormones sexuelles jouent aussi un rôle important dans la prise de poids, les troubles du sommeil, les fonctions cognitives, l’ostéoporose, le risque cardio-vasculaire et enfin la sécheresse vaginale.

Est-ce que ces désagréments sont un passage obligé pour toutes les femmes ?

La réponse est non, mais les symptômes à des degrés divers touchent environ 60 % d’entre elles. Si elles sont symptomatiques, combien de temps cela dure-t-il ?

Pour 1/3 d’entre elles, moins d’une année, un autre tiers, 2 à 5 ans, et enfin pour les dernières parfois plus de 10 ans.

L’intensité et la durée ne sont malheureusement pas prévisibles, plutôt aléatoires.

Quels doivent être nos préoccupations et nos conseils pour cette période ?

Rassurer : un traitement de la ménopause, individualisé dans une perspective bénéfices-risques et à dose modérée, peut être considéré comme sûr et fait partie des dernières recommandations de la Société suisse de gynécologie obstétrique.

Les bénéfices reconnus :

  1. Pour les symptômes climatériques, la dose, qu’elle soit transdermique ou orale sera adaptée en fonction de l’importance des troubles.
  2. Prévention des fractures : toutes les femmes perdent de l’os à la ménopause, mais toutes n’auront pas d’ostéoporose. Le risque de fracture touche quand même 25 à 30 % des femmes en Suisse vers 65 ans et près de 60 % d’entre elles à 80 ans. Une alimentation riche en calcium, de l’exercice physique régulier contribue largement à cet équilibre osseux sans oublier que l’absence de tabagisme et une prise d’alcool modérée contribue également à cet équilibre. Les hormones sont un moyen, avec la prise en charge des symptômes, d’avoir un impact reconnu sur le remodelage osseux.
  3. Maladies cardiovasculaires : sans commune mesure, l’incidence des maladies cardiovasculaires est en nette progression depuis 20 ans, avec pour conséquence une première place après 50 ans pour les femmes en terme de morbidité et de mortalité. Dans une fenêtre dite thérapeutiques de la ménopause immédiate, le traitement hormonal de substitution revient en force. Particulièrement par le choix du transdermique pour les oestrogènes et par la progestérone bio-identique (progestérone micronisée).

Les risques potentiels :

  1. Le carcinome du sein : le sujet est complexe, car le risque du cancer du sein est multifactoriel. Avant tout : familial, lié aux habitudes de vie, comme l’excès d’alcool, la prise de poids. Et enfin pour la durée d’exposition et le choix du type de traitement hormonal. Aucune étude, depuis 20 ans, n’a pu impliquer les oestrogènes seuls dans l’incidence du cancer du sein. La plus grande étude de suivi de population a montré que l’incidence dépendait en grande partie de la dose et du choix de la molécule. Dans ce suivi, depuis 15 ans, de cette cohorte française qui représente plus de 95000 patientes, l’association d’un oestrogène bio-identique associé à de la progestérone micronisée n’a pas été impliquée statistiquement dans une augmentation du cancer du sein.
  2. Le cancer de l’endomètre : dans une prise en charge équilibrée entre oestrogène et progestérone, le traitement hormonal de substitution est protecteur de l’endomètre.

En conclusion :

Le traitement hormonal de substitution est efficace pour traiter les symptômes de la ménopause, il peut être également prescrit pour les patientes à risque ostéoporotique.

Dans le cadre d’une fenêtre thérapeutique, admise environ sur  5 ans, en post-ménopause, et avec des mesures d’accompagnement d’hygiène de vie, le THS recommence à avoir sa place dans la prise en charge des patientes ménopausées, aussi bien sur leur risque cardiovasculaire, ostéoporotique que particulièrement sur leur qualité de vie.