«Le traitement percutané de cancer au moyen d’aiguilles est une solution rapide et très efficace, développée avec les hôpitaux universitaires», explique d’emblée le docteur Jean-Baptiste Martin, l’un des grands spécialistes de cette technique au sein du centre genevois Imagerie Rive Droite. Ce traitement se met en place après qu’un oncologue et un radiologue interventionnel décident d’y recourir, en parallèle au traitement général qu’il soit de chimiothérapie, de radiothérapie ou d’hormonothérapie. Dans le cas d’un cancer osseux, la tumeur va ronger et remplacer une partie de l’os, le fragilisant dangereusement et déséquilibrant l’ensemble de la zone. C’est de cette situation que naîtra la douleur. «Et c’est précisément un dérivé du traitement des fractures dues à l’ostéoporose que nous utilisons dans le traitement du cancer», raconte le docteur Martin.

En deux temps

Sous anesthésie locale ou générale, une aiguille est entrée par la peau directement dans l’os afin d’y injecter une résine spéciale qui va pénétrer l’ensemble de l’os et stabiliser la vertèbre tout en dégageant une chaleur avoisinant les 90 degrés. Cette hyperthermie a un effet bénéfique dans la lutte contre la tumeur. Dans les ostéoporoses, des biociments (se transformant en son propre os) et des dilatations par ballon sont par contre préférentiellement utilisés. «Mieux encore, il est possible d’entrer avec une petite sonde dans la région lésée (poumon foie, ou os). Cette dernière fonctionne sur le principe du micro-ondes ou de la radiofréquence et pourra ainsi brûler plusieurs centimètres de cancer», ajoute Jean-Baptiste Martin. Précisons que cette sonde peut aussi être utilisée sur les os pour augmenter l’efficacité de la résine précédemment évoquée.

 

Par contre, l’os et notamment la vertèbre devra ensuite être impérativement consolidé avec une injection notamment pour les vertèbres. Ces traitements hyperthermiques sont référents dans le traitement des lésions bénignes (angiomes et ostéomes ostéoïdes (chez l’enfant). Cela fait vingt ans maintenant que les premiers traitements vertébraux de ce type ont débuté en Suisse aux HUG, introduits par mon équipe qui a participé au développement de la technique. Le succès thérapeutique sur la douleur est estimé supérieur à 90% avec des risques calculés et très faibles dans une équipe entraînée. Pour le traitement des fractures vertébrales ostéoporotiques, ce risque est anecdotique  et considéré comme risque usuel de ponction. «Pour être clair, afin de poser l’indication et prévoir l’efficacité, il est essentiel que tout le processus soit réalisé de manière réellement interdisciplinaire avec une parfaite cohésion entre l’oncologue et le radiologue interventionnel. Enfin, l’expérience et les compétences de ce dernier feront toute la différence au moment de l’acte», conclut le docteur Martin.