Soigner un cancer est un processus complexe. Reflétant le caractère multiforme de cette maladie, les traitements mis en œuvre sont variés et nécessitent souvent l’implication de nombreux acteurs spécialisés: médecins, chirurgiens, psychologues, diététiciens… Ainsi, un centre d’oncologie sera par essence pluridisciplinaire. Il aura la tâche d’assurer une coordination qui offre aux patients un encadrement global où pourront s’élaborer des programmes de soins personnalisés.

L’importance des ‘soins de support’

Les principaux types de traitements contre le cancer sont la chirurgie, la radiothérapie, et divers traitements médicamenteux comprenant la chimiothérapie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie, et les thérapies ciblées. Au-delà des perfectionnements techniques apportés aux traitements, une tendance s’est affirmée ces dernières années et se préoccupe de la manière dont les soins sont administrés, mettant l’accent sur le concept des soins de support. Ainsi, diverses études récentes ont pu démontrer les bénéfices de telles approches visant à améliorer la qualité de vie des patients via une prise en charge globale, les aidant notamment à mieux tolérer les effets secondaires des traitements. Comme nous l’explique le Pr Serge Leyvraz, médecin-chef de service au CHUV à Lausanne, «…il est désormais avéré que ces approches contribuent à augmenter la survie des patients.» 

Perfectionner la communication et l’information au patient 

Une dimension importante de ces programmes réside dans la qualité de la communication et de l’information donnée aux patients. Au vu de la sophistication et de la technicité croissantes des traitements, des mesures visent à replacer la personne au centre du système de soins afin que celle-ci puisse vaincre certaines angoisses. A Lausanne par exemple, pour les patientes atteintes d’un cancer du sein, un matériel didactique a été élaboré sous la forme d’un classeur imagé renfermant une documentation qui se veut la plus claire et compréhensible possible. Elle a été complètement préparée avec l’aide directe de groupes de patientes. Cette documentation est d’autre part complétée par une plateforme internet, l’Espace cancer, offrant aux patients un lieu d’accueil et d’échange. 

Quant au personnel médical et paramédical, il bénéficie maintenant d’une formation spécialisée afin d’améliorer la manière de communiquer avec les patients lors de l’annonce du diagnostic ou d’autres mauvaises nouvelles, selon une approche commune.

Divers soutiens d’ordre psychologique, physique ou social

Outre ces améliorations en matière de communication, les soins de support comprennent des aides aux patients qui peuvent être d’ordre psychique, physique ou social, et reposent souvent sur les structures externes comme la Ligue vaudoise contre le cancer. Ainsi, l’aide psychologique pourra inclure une prise en charge des proches et des enfants. Les aides physiques tendront à une amélioration du bien-être corporel du malade, et pourront prendre la forme de massages, d’un encadrement diététique, de conseils spécialisés en maquillage ou encore de conseils en lien avec la sexualité. Quant aux aides sociales, un accompagnement est offert aux malades dans leurs démarches auprès des employeurs ou dans leur réorientation professionnelle.

Dans le cadre de ces divers programmes, on s’efforce de créer une relation de partenariat avec le patient, qui est invité à participer à leur développement et à leur perfectionnement, notamment en matière de communication.

Une Journée mondiale du cancer

Afin d’informer la population au sens le plus large et de réunir les personnes concernées dans une atmosphère conviviale et contribuer à dédramatiser l’aspect anxiogène de la maladie, le CHUV organise depuis 2 ans des rencontres de réflexion lors de la Journée mondiale du cancer qui a lieu chaque année, le 4 février. Cette année, sur le thème ‘Cancer: Et si vous étiez acteur de votre traitement?’, diverses conférences et rencontres ouvertes à tous se tiendront au CHUV. La réflexion y sera nourrie, de manière diverse, par la présence du philosophe Jean-Jacques Wunenburger et de l’actrice Michèle Giguon. La soirée sera ainsi sous-tendue par une pièce de théâtre «La vie va où?», promettant une expérience pleine de poésie, d’humour et de légèreté.