Nous sommes à une époque charnière; à quoi devons-nous nous attendre en ce qui concerne la prise en charge de nos aînés?
Le nombre de personnes atteintes de démence va de pair avec le vieillissement démographique, la Confédération, les cantons et les différents acteurs impliqués ont commencé à mettre en œuvre la «Stratégie nationale en matière de démence 2014-2017». L’objectif est de soutenir les personnes concernées ainsi que leurs proches, et de préserver leur qualité de vie.

De quelle façon?
La démence est un terme générique qui désigne différentes maladies cérébrales, dues à différentes causes. Cette maladie entraîne au fur et à mesure une perte de la mémoire, du sens de l’orientation et de l’aptitude à la communication. Ces déficits cognitifs ont pour effet de réduire l’autonomie de la personne, de la rendre dépendante de l’aide d’autrui et provoque une perte de repères telle que la difficulté à reconnaître les proches.
Le but est de réduire la charge liée à cette maladie et d’améliorer la qualité de vie des personnes concernées. Aux différents stades de la maladie, des offres à la fois coordonnées et adaptées sont disponibles.

Ces offres incluent-elles le maintien à domicile?
Absolument, aujourd’hui l’activité des EMS s’est largement diversifiée: il y a les longs séjours, mais aussi une offre de courts séjours pour les personnes qui vivent à domicile. Nous les accueillons pendant que leur famille se ressource ou à la suite d’un traitement hospitalier ponctuel. La clé est là: avec l’accueil de jour et les logements protégés, il est possible d’offrir des structures le plus ouvertes possible mais avec un soutien et des systèmes techniques spécialement conçus pour les patients atteints de démence, comme les bracelets anti-errance (permettant à la personne d’être géolocalisée). Ce sont ces structures alternatives en lien avec le vieillissement qui vont nous permettre de procéder par étapes car l’entrée définitive en EMS ne concerne que la population la plus âgée. Ainsi, en fonction du stade de la maladie nous allons proposer un type de logement capable d’assurer la protection de la personne sans l’isoler.

Quels sont les efforts qu’il reste à fournir?
Il y a un bon réseau pour adapter l’offre mais il y a encore du travail: l’effort principal concerne la formation du personnel. Mieux on connaîtra les caractéristiques de la démence, plus la prise en charge sera ciblée et efficace. Il en va de même pour les familles qui manquent peut-être encore trop d’informations et peuvent se sentir totalement démunies quand un parent commence à décliner. Dans ce cadre-là, les associations ont un vrai rôle à jouer. Enfin, il ne faudra pas hésiter à regarder ce qui se fait ailleurs pour créer des structures nouvelles adaptées. Près de Berne, par exemple, on s’est calqués sur un modèle néerlandais pour créer un village capable d’accueillir une centaine de résidents d’ici à 2019. L’idée est de renvoyer les pensionnaires dans les années de leur jeunesse pour qu’ils retrouvent des repères et un environnement capable de les
apaiser.