Prof. Dr méd. Thomas Cerny
Président d’Oncosuisse

Pourquoi Oncosuisse a-t-il été mis en place?

L’ancien conseiller fédéral de la santé voulait qu’un organisme unique puisse être consulté si le Conseil fédéral avait une question politique à propos du cancer. Puis, il nous a été demandé de créer un plan national de lutte contre le cancer. Cela a abouti à la première édition du Programme national contre le cancer, 2005-2010. En 2011, nous avons lancé la deuxième édition et aujourd’hui, nous avons pu élaborer une stratégie nationale contre le cancer reconnue par le Conseil fédéral et les directeurs cantonaux de la santé.

Quels sont les principaux objectifs?

Oncosuisse est un facilitateur qui permet d’aider chaque canton à développer ses ressources contre le cancer. Par exemple, si un canton veut commencer un programme de réadaptation et qu’un autre canton dispose déjà d’un tel programme, nous les réunissons afin que le demandeur ne parte pas de zéro. Un troisième canton qui travaillerait également sur le même sujet, pourrait également se joindre à eux. L’objectif étant d’atteindre un niveau de qualité de soins qui soit national.

Quels avantages cela va-t-il apporter?

Plusieurs. Par exemple, durant le premier programme nous avons établi les registres de cancers comme un outil national permettant de documenter les résultats des traitements. Avant cela, certains cantons en avaient, d’autres pas. Pendant cette deuxième phase nous travaillons à nationaliser des normes pour le traitement des patients et à développer l’assurance qualité. Par exemple, nous avons créé des labels de qualité pour certains établissements, comme les centres du cancer du sein, qui doivent être soumis à des procédures rigoureuses pour obtenir le label. Nous tenons également à réduire la bureaucratie entre les cantons en établissant des réseaux de recherche. La prochaine étape consistera à aider les cantons à identifier leurs priorités et leurs ressources financières ; ainsi qu’à choisir les projets à entreprendre.

Croyez-vous que la stratégie atteindra ses objectifs? 

Oui, pour plusieurs raisons. La première est que la plupart des pays d’Europe du Nord ont des programmes similaires contre le cancer. Les pays peuvent apprendre de nous et nous, apprendre d’eux. Puis, la Suisse est très bien placée pour produire de la qualité. Notre réduction de la mortalité figure déjà parmi les trois ou quatre meilleures au monde, autour de 1,3 % par an, et nous avons beaucoup plus de patients qui survivent les cinq premières années ou qui sont guéris. Cependant, les gens vivent plus longtemps et nous avons beaucoup plus de patients atteints du cancer. Donc, s’il y a eu une grande amélioration, les défis ne manquent pas.